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Iran 4 min de lecture

Trump « insatisfait » d’une nouvelle offre iranienne pour relancer les négociations

Source: Radio Canada
Le président Donald Trump, s'adressant aux journalistes vendredi dans les jardins de la Maison-Blanche, a commenté la nouvelle proposition de paix de l'Iran.  Photo : Associated Press / Alex Brandon
Le président Donald Trump, s'adressant aux journalistes vendredi dans les jardins de la Maison-Blanche, a commenté la nouvelle proposition de paix de l'Iran. Photo : Associated Press / Alex Brandon

Agence France-Presse

Donald Trump s'est dit vendredi « insatisfait » d'une nouvelle offre de l'Iran pour relancer les négociations de paix avec les États-Unis, renouvelant sa menace de « pulvériser » la République islamique en cas d'échec de la diplomatie.

Plus tôt, l'agence officielle iranienne IRNA avait annoncé que la République islamique avait transmis jeudi soir le texte de sa dernière proposition au Pakistan, médiateur dans les discussions avec les États-Unis, sans plus de détails.

À l'heure qu'il est, je ne suis pas satisfait par ce qu'ils offrent, a réagi le président américain à Washington, tout en répétant qu'à son sens les dirigeants iraniens étaient désunis et incapables de s'entendre sur une stratégie de sortie du conflit.

Donald Trump, qui avait déjà menacé d'anéantir la « civilisation » iranienne, a assuré qu'il préférerait ne pas avoir à pulvériser une fois pour toutes l'Iran, mais qu'une reprise de la guerre restait une option.

Selon une source bien informée citée par le site américain Axios, la Maison-Blanche a exigé que l'Iran s'engage à ne pas transférer son uranium enrichi en dehors de ses sites bombardés ni à relancer ses activités nucléaires pendant les pourparlers.

Un cessez-le-feu est entré en vigueur le 8 avril, après quasiment 40 jours de frappes israélo-américaines sur l'Iran et de représailles de Téhéran dans la région.

Le conflit a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ses répercussions continuent de secouer l'économie mondiale.

Rien obtenu

Après la trêve, une première session de pourparlers directs à Islamabad le 11 avril s'est révélée infructueuse et jusqu'ici sans lendemain.

Des bateaux dans le détroit d'Ormuz.
Des bateaux dans le détroit d'Ormuz, à Musandam (Oman), le 1er mai 2026. Photo : Reuters

Le conflit perdure sous d'autres formes : Washington impose un blocus aux ports iraniens en représailles au verrouillage par Téhéran du détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Le gouvernement américain a annoncé vendredi de nouvelles sanctions contre les intérêts iraniens, et prévenu que ceux qui acquitteraient un péage aux autorités de Téhéran pour passer le détroit s'exposeraient à des pénalités américaines en retour.

Bataille existentielle

Donald Trump a théoriquement jusqu'à vendredi pour demander l'autorisation du Congrès pour poursuivre la guerre. Mais son gouvernement a laissé entendre qu'il ignorerait cette obligation, l'opposition démocrate se retrouvant impuissante à la faire respecter.

Pete Hegseth parle, l'air animé.
Le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a témoigné mercredi devant le Comité des forces armées de la Chambre des représentants. Photo : Getty Images / Win McNamee

L'USS Gerald Ford, le plus grand porte-avions du monde, a quitté vendredi le Moyen-Orient, mais 20 bâtiments de la marine américaine, dont deux autres porte-avions, restent déployés dans la région.

Face aux menaces de Washington, Téhéran reste inflexible. La République islamique ne s'est jamais dérobée aux négociations [...] mais nous n'accepterons certainement pas qu'on nous impose une politique, a lancé vendredi le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï.

À l'unisson d'autres dirigeants iraniens, il a ajouté que les États-Unis n'avaient rien obtenu de la guerre.

Pour Negar Mortazavi, du groupe de réflexion Center for International Policyle pouvoir iranien est assez uni et cohérent en ce moment. Ses membres défendent le pays, leur souveraineté, c'est une bataille existentielle, a-t-elle dit à l'AFP.

Purgatoire

Même sans détails, et avant la réaction de M. Trump, l'annonce d'une nouvelle offre iranienne a suscité un fort repli des cours du pétrole. Le Brent, la référence mondiale du brut, qui avait dépassé 126 $ jeudi, un sommet depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022, a terminé à un peu plus de 108 $ vendredi.

Si, à la faveur de la trêve, les Iraniens ont pu renouer avec une certaine normalité, leur quotidien est plombé par l'inflation qui explose, tout comme le chômage, dans un pays déjà affaibli par des décennies de sanctions internationales.

Le guide suprême, Mojtaba Khamenei, a d'ailleurs exhorté vendredi les entreprises qui ont subi des dégâts à éviter autant que possible les licenciements, au nom de la guerre économique et culturelle que mène l'Iran.

Des manifestants pro-gouvernementaux brandissent des drapeaux iraniens.
Des manifestants progouvernementaux brandissent des drapeaux iraniens lors d'un rassemblement à Téhéran, le lundi 27 avril 2026. Photo : Associated Press / Vahid Salemi

Sur le front libanais, où Israël combat le mouvement pro-iranien Hezbollah, de nouvelles frappes sur le sud du pays ont fait six morts, malgré le cessez-le-feu.

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