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Iran 5 min de lecture

La « vengeance » pour Khamenei est « inévitable », dit le guide suprême iranien

Source: Radio Canada
L'ayatollah Mojtaba Khamenei, guide suprême de l'Iran exercées par son père, tué dans une frappe israélo-américaine. (Photo d'archives)  Photo : Reuters / Bureau du guide suprême iranien
L'ayatollah Mojtaba Khamenei, guide suprême de l'Iran exercées par son père, tué dans une frappe israélo-américaine. (Photo d'archives) Photo : Reuters / Bureau du guide suprême iranien

Agence France-Presse

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a affirmé samedi que la « vengeance » était « inévitable » après la mort de son père, tué dans des bombardements israélo-américains au premier jour de la guerre, après de nouveaux échanges de frappes cette semaine malgré la signature d'un protocole d'accord.

L'ayatollah s'est exprimé, dans un message écrit daté de vendredi, mais diffusé samedi, pour la première fois depuis les funérailles de son père et prédécesseur, Ali Khamenei, qui ont pris fin avec son inhumation jeudi et avaient débuté six jours plus tôt.

Je dis à notre guide martyr que nous jurons de venger son sang pur et celui de tous les martyrs de ces deux guerres, versé par des assassins criminels et déshonorants, écrit Mojtaba Khamenei, désigné en mars, mais qui n'est pas apparu en public depuis.

Cette vengeance est la volonté de notre nation et elle doit s'accomplir, inévitablement.

Une citation deL'ayatollah Mojtaba Khamenei, guide suprême iranien

Ces criminels, dont les noms figurent sur une liste, emporteront dans leur tombe le souhait d'une mort paisible dans leur lit, a-t-il ajouté.

Tractations diplomatiques

Les médiateurs entre l'Iran et les États-Unis reprennent leurs efforts après un nouvel accès de violence.

Les frappes échangées cette semaine ont été les plus importantes depuis la signature, le 17 juin, d'un texte visant à mettre fin de façon durable à la guerre déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l'Iran.

Abbas Araghchi parle dans un micro.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, le 28 juin 2026. Photo : Getty Images / AHMAD AL-RUBAYE / AFP

Jusqu'à présent, l'Iran a tenu parole, a assuré samedi sur X le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, ajoutant qu'il ne peut y avoir de respect que lorsqu'il est mutuel.

Iraniens et Américains s'étaient retrouvés après le 17 juin pour des discussions directes en Suisse, puis indirectes au Qatar, sans progrès depuis.

Pour redonner une chance aux pourparlers, une délégation du Qatar, pays médiateur, est arrivée vendredi en Iran, selon un média local.

Le premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, dont le pays joue également un rôle de médiateur, a dit sur X avoir exhorté le président iranien Massoud Pezeshkian à sauver une paix durement gagnée.

Si le calme est revenu sur le terrain, Donald Trump a de nouveau affirmé que le cessez-le-feu était terminé, tout en acceptant de continuer à parler avec Téhéran.

La République islamique d'Iran nous a demandé de continuer ''les discussions''. Nous avons accepté de le faire, mais les États-Unis leur ont signifié, en des termes sans équivoque, que le cessez-le-feu était TERMINÉ! a déclaré le président américain.

Téhéran n'a fait aucune demande, a tenu à rectifier le porte-parole de la diplomatie iranienne, tout en annonçant une visite de M. Araghchi à Oman.


Ormuz, catalyseur de tensions

Des pétroliers, des vraquiers et d’autres navires sont à l’ancrage autour du port de Qaboos, le 22 juin 2026, à Mascate, en Oman.
Le détroit d’Ormuz, voie maritime vitale pour le transport du pétrole et du gaz de la région, avait été bloqué par l'Iran pendant la guerre. Photo : Getty Images / Elke Scholiers

Le ministre a été reçu, selon son bureau, samedi matin par son homologue omanais Badr Al-Busaidi, pour évoquer le détroit d'Ormuz, passage stratégique situé dans les eaux iraniennes et omanaises et au cœur du différend avec les États-Unis.

L'Iran l'avait bloqué pendant la guerre et autorise désormais un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

Il exclut tout retour à la situation d'avant-guerre, quand le passage dans le détroit, par lequel transitait un cinquième du commerce mondial d'hydrocarbures, était gratuit, bien que le droit de la mer prévoit une liberté de navigation sans entrave.

Les États-Unis ont frappé l'Iran deux nuits consécutives à partir de mardi après y avoir imputé à Téhéran la responsabilité d'attaques contre trois navires commerciaux.

Selon le ministère iranien de la Santé, 17 Iraniens ont été tués et 115 blessés dans les frappes américaines.

Washington a aussi rétabli les sanctions économiques contre le pétrole iranien suspendues par le protocole d'accord, une violation du cessez-le-feu, selon M. Araghchi.

L'Iran a de son côté visé ses voisins du Golfe : le Koweït, où au moins une personne a été blessée, Bahreïn et le Qatar.

Décimer et détruire

Vendredi soir, Donald Trump a accusé l'Iran de vouloir le faire assassiner, renouant avec son ton martial en promettant une nouvelle fois de l'anéantir.

1000 missiles sont prêts à tirer et pointés vers la République islamique d'Iran, et des milliers d'autres suivront immédiatement si le gouvernement iranien met à exécution sa menace, proclamée aux quatre coins du globe, d'assassiner ou de tenter d'assassiner le président en exercice des États-Unis d'Amérique, c'est-à-dire MOI! a-t-il écrit sur Truth Social.

Les ordres ont déjà été donnés, et l'armée américaine est prête, disposée et capable, pendant une période d'un an, susceptible d'être prolongée, de décimer et de détruire complètement toutes les régions d'Iran.

Une citation deDonald Trump, président américain

Selon les médias américains Axios et Politico, Washington a fait savoir à Téhéran qu'il lui donnait jusqu'à samedi pour s'engager publiquement à ne plus attaquer de navires à Ormuz.

Une foule se trouve devant une grosse image du défunt guide suprême.
La cérémonie s'est tenue dans la ville de Machhad, où une immense foule s'était rassemblée. Photo : Getty Images / AFP / Majid Saeedi

Ce regain de tensions est intervenu pendant les funérailles du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué au premier jour de la guerre et qui a été inhumé vendredi à Machhad (nord-est).

Si les États-Unis affirment avoir visé des cibles militaires, Téhéran les accuse d'avoir aussi touché des infrastructures civiles afin d'empêcher les Iraniens de se rendre aux obsèques.

Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Mohammad Bagher Zolghadr, a prévenu que l'Iran riposterait à toute attaque contre ses infrastructures, y compris en s'en prenant à Israël.

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