Agence France-Presse
Désigné dimanche pour prendre la tête de l'Iran, Mojtaba Khamenei est une des personnalités les plus influentes de la République islamique. Il reprend les fonctions de guide suprême exercées par son père, tué par les frappes américano-israéliennes le 28 février 2026.
Le nom de ce religieux de 56 ans circulait de longue date pour prendre le relais d'Ali Khamenei, même si ce dernier avait démenti un tel scénario en 2024.
Né le 8 septembre 1969 dans la ville sainte de Machhad, dans l'est de l'Iran, Mojtaba Khamenei est un des six enfants de l'ancien guide suprême, tué à 86 ans après plus de trois décennies à la tête de l'État. Il était le seul à avoir une position publique, à défaut de fonction officielle.
En raison de sa discrétion, sa véritable influence a toujours donné lieu à de vives conjectures au sein de la population iranienne ainsi que dans les sphères diplomatiques.
Portant une barbe poivre et sel et le turban noir des seyyed, les descendants du prophète Mahomet, il a été présenté par certains comme le véritable patron, agissant dans les coulisses du bureau de son père, au cœur du pouvoir en Iran.
Il est considéré comme étant proche des conservateurs en raison notamment de ses liens avec les Gardiens de la révolution, l'armée idéologique de la République islamique. Cette relation date de son engagement dans une unité combattante à la fin de la longue guerre entre l'Irak et l'Iran (1980-1988).
Le président américain Donald Trump, qui avait revendiqué jeudi qu'il voulait être impliqué dans le choix du nouveau guide suprême, avait fait savoir qu'il n'accepterait pas que son fils prenne la relève.
Lien avec la Force Qods
Le Trésor américain avait indiqué en 2019, en lui imposant des sanctions, que Mojtaba Khamenei représentait le guide suprême à titre officiel, bien qu'il n'ait jamais été élu ni nommé à un poste gouvernemental, en dehors de ses fonctions au sein du bureau de son père.
Selon le Trésor, Ali Khamenei avait délégué une partie de ses responsabilitésà son fils.
Ce dernier, selon le site de cet organe américain, a travaillé en étroite collaboration avec le commandant de la Force Qods – branche des opérations extérieures des Gardiens –, ainsi qu'avec les forces paramilitaires des Bassij, pour faire avancer les ambitions régionales déstabilisatrices de son père et ses objectifs intérieurs répressifs.
Des opposants ont notamment mis en cause le rôle de Mojtaba Khamenei dans la violente répression du mouvement de contestation qui avait suivi la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad en 2009.
Selon une enquête de Bloomberg, Mojtaba Khamenei s'est fortement enrichi en tissant un vaste réseau de sociétés-écrans à l'étranger.
Sur le plan religieux, il a étudié la théologie dans la ville sainte de Qom, au sud de Téhéran, où il a également enseigné.
Il a atteint le rang d'hodjatoleslam, un titre donné aux clercs de rang intermédiaire, inférieur à celui d'ayatollah qu'avaient son père et Rouhollah Khomeini.
Son épouse, Zahra Haddad-Adel, fille d'un ancien président du Parlement, a également été tuée dans les frappes américano-israéliennes, selon les autorités iraniennes.
Le ministre de la Défense israélien, Israël Katz, avait averti mercredi que tout successeur à Ali Khamenei deviendrait une cible.