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Menaces de Trump contre l’Iran : ce que l'on sait de l'«armada» américaine en route pour le golfe Persique

Source: Le Figaro

«Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où», a menacé Donald Trump. Un groupe aéronaval vogue en effet vers les eaux au large de la République islamique.

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Donald Trump, de retour du forum de Davos, a assuré qu’une «armada» se dirigeait vers l’Iran et le golfe Persique. «Nous avons beaucoup de navires qui se dirigent dans cette direction, au cas où», a-t-il expliqué, ajoutant : «je préférerais que rien ne se passe, mais nous les surveillons de très près». Un peu plus tôt dans la journée, le chef des Gardiens de la Révolution - bras armé idéologique du régime des Mollahs - menaçait les États-Unis et Israël «d’un sort douloureux» car ses forces ont «le doigt sur la gâchette».

Plusieurs villes d’Iran sont secouées par des manifestations depuis le 28 décembre, culminant le 8 janvier dernier avec des slogans ouvertement hostiles au pouvoir en place, qui les a férocement réprimées. Washington lui avait conseillé la modération sans quoi il s’exposait à des représailles. Finalement, le président américain avait annoncé que les «tueries»  avaient pris fin à la mi-janvier. Difficile de connaître la situation actuelle en Iran, Internet ayant été coupé et le régime veille à ne pas laisser transparaître d’informations.

Un impressionnant groupe aéronaval

Mais la déclaration de Donald Trump sur «une armada» - nom tiré de «l’Invincible armada» espagnole de Philippe II - en route vers le Golfe Persique laisse penser que les États-Unis se préparent éventuellement à de potentielles frappes. Le président américain n’a pas donné de détails sur la composition de cette flotte. Toutefois, plusieurs observateurs scrutent depuis plusieurs jours les mouvements du groupe aéronaval autour du porte-avions USS Abraham Lincoln (CVN-72). Celui-ci a appareillé de San Diego, son port d’attache, en novembre. Sa destination finale n’avait pas - et n’a toujours pas - été annoncée par le secrétariat à la Guerre. Il a croisé au large de la mer de Chine méridionale durant l’hiver, se livrant à des exercices de tir réel ou de ravitaillement en mer.

Depuis la fin de semaine dernière, celui-ci se dirige lentement vers l’Océan Indien. Il a franchi le détroit de Malacca entre lundi et mardi, selon Marinetraffic, un site permettant de suivre les mouvements des navires. Il lui restait environ cinq jours de navigation avant d’arriver au large de l’Iran. Depuis, il a désactivé son Système d’identification automatique (AIS en anglais), ne permettant pas de connaître sa localisation. À bord, il a embarqué le Carrier Air Wing 9 - une escadre aérienne de la marine américaine - composée de chasseurs F/A-18E Super Hornet, d’avions de surveillance Hawkeye, d’avion de guerre électronique EA-18G Growler et de F-35C. Il possède également des hélicoptères MH‑60R/S Seahawks.

Par ailleurs, comme tout groupe aéronaval, il est accompagné de plusieurs bâtiments. Au moins trois destroyers - USS Spruance (DDG-111), USS Michael Murphy (DDG-112) et USS Frank E. Petersen Jr. (DDG-121) voguent à ses côtés, pouvant fournir une couverture, mais aussi une capacité de frappes via les missiles Tomahawk emportés à bord. Le nom des sous-marins, habituellement envoyés pour protéger les groupes aéronavals, n’est pas connu. Ces capacités s’ajouteraient alors à celles de la Vème flotte américaine, prépositionnée dans la région. Elles comptent en temps normal au moins deux destroyers et trois frégates légères, avec une capacité de frappes d’environ une centaine de missiles Tomahawk.

Éviter «l’effet drapeau»

Selon le New York Times, des options militaires à mener en Iran ont été présentées «à la demande» de Donald Trump début janvier. D’après le Wall Street Journal, l’une de ces options serait «une frappe aérienne de grande envergure contre plusieurs cibles militaires iraniennes». Cependant, «aucun consensus n’avait été trouvé quant à la marche à suivre. Aucun matériel ni personnel militaire n’avait été déployé en vue d’une telle frappe». Pour ces sources des médias américains, cette planification est «normale», et il ne faut y voir «aucun signe d’attaque imminente contre l’Iran».

Les États-Unis veulent également éviter un effet de «ralliement autour du drapeau» en cas de frappes américaines contre des cibles militaires en Iran. Un tel réflexe nationaliste permettrait alors au régime de réprimer encore plus brutalement les manifestations, se justifiant par une attaque venue de l’étranger. Par ailleurs, les bases militaires américaines au Moyen-Orient peuvent avoir besoin de temps pour se préparer à une éventuelle riposte des Iraniens.

En effet, en juin dernier, au cours de la «guerre des douze jours», après qu’Israël a bombardé de nombreuses cibles en Iran, Washington avait envoyé ses B-2 Spirit larguer des bombes pénétrantes de treize tonnes sur plusieurs installations nucléaires (l’opération Midnight Hammer), avant d’arrêter le bras armé de son allié israélien. L’Iran avait alors répondu en envoyant des missiles contre une base américaine au Qatar et plusieurs sites en Irak.

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