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Guerre en Iran : les États-Unis auraient déplacé des missiles et des intercepteurs depuis la Corée du Sud

Source: Le Figaro
Le destroyer lance-missiles américain USS Thomas Hudner tire un missile de croisière Tomahawk dans le cadre de l’attaque de l’opération «Epic Fury», le 1er mars 2026. U.S. Navy / REUTERS
Le destroyer lance-missiles américain USS Thomas Hudner tire un missile de croisière Tomahawk dans le cadre de l’attaque de l’opération «Epic Fury», le 1er mars 2026. U.S. Navy / REUTERS

Selon l’agence de presse sud-coréenne Yonhap, des systèmes antimissiles THAAD ont été déplacés. L’interrogation demeure quant à des missiles Patriot. Ces mouvements, s’ils sont confirmés, posent le problème du stock d’armement défensif dont dispose Washington.

Par Victor Mérat

Les inquiétudes portant sur le stock défensif américain à disposition pour sa guerre contre l’Iran, entamée aux côtés d’Israël le 28 février, se confirment-elles ? La semaine dernière, des avions-cargos de l’armée américaine ont atterri puis redécollé de leur base aérienne d’Osan, à Pyeongtaek, à soixante kilomètres au sud de Séoul, «provoquant des spéculations sur le déploiement possible d’actifs des Forces américaines en Corée du Sud (USFK) au Moyen-Orient»rapportait dimanche Yonhap. Selon l’agence de presse sud-coréenne, au moins deux C-5 ont été aperçus, ainsi que des C-17. «Il est fréquent que des C-17 fassent un arrêt à Osan pour transporter du matériel et du personnel américains, mais la venue de C-5 est plus rare», note Yonhap.

Si aucune information n’a circulé sur les cargaisons embarquées par les appareils, ces derniers pourraient transporter des systèmes de défense sol-air Patriot, déployés dans la région par l’armée américaine dans le cadre de sa mission de surveillance et de dissuasion contre la Chine et la Corée du Nord. La destination des avions n’est pas non plus connue, «mais le timing laisse supposer qu’ils se sont rendus aux États-Unis ou au Moyen-Orient», note Yonhap.

Des THAAD déplacés

De même, ajoute l’agence de presse dans un autre article publié cette fois-ci mardi, Washington a commencé «à déplacer vers le Moyen-Orient des éléments du système Terminal High Altitude Area Defense», le système antimissile THAAD, citant une information du Washington Post.

Le système THAAD est une batterie de défense antiéarienne qui agit comme un bouclier contre les missiles balistiques de courte (moins de 1000 km) et moyenne (entre 1000 et 3000) portée notamment. De son côté, le président sud-coréen a déclaré qu’un «éventuel redéploiement d’éléments de l’arsenal américain ne changerait en rien le niveau de dissuasion militaire» de son pays, conclut Yonhap.

De quel stock disposent les États-Unis ?

Dans sa guerre contre l’Iran, les réserves d’armement défensif dont disposent les États-Unis posent une réelle question, voire des interrogations, un an après la «Guerre de Douze Jours», en juin 2025, contre la même cible. «La taille exacte du stock dintercepteurs de défense aérienne – ce que le Pentagone appelle la profondeur des stocks – est classifiée. Cependant, les conflits répétés avec l’Iran et ses alliés au Moyen-Orient ont considérablement réduit les capacités de défense aérienne dans la région»note le Wall Street Journal .

Le ministère américain de la Défense a pris, depuis juin 2025, plusieurs mesures pour reconstituer ses stocks d’intercepteurs, «mais l’incertitude budgétaire persistante entravera leur mise en œuvre et les solutions à long terme», note le CSIS, qui estime un arriéré de 100 missiles THAAD.

Le Pentagone s’efforce également de reconstituer ses stocks d’intercepteurs de missiles Patriot (missiles sol-air à moyenne portée) et SM-3 (lutte maritime antibalistique), qui neutralisent les menaces aériennes et sont utilisés pour se défendre contre les missiles et les drones.

Dans un article daté du 5 décembre, le CSIS notait que «les dépenses considérables engagées par les États-Unis en intercepteurs de défense aérienne et antimissile durant la guerre de 12 jours en 2025 ont mis en évidence la rareté et l’importance de ces capacités militaires essentielles». Rien que pendant l’opération, Washington aurait utilisé plus de 150 intercepteurs THAAD, environ 80 missiles SM-3 et «un nombre non divulgué de Patriot».

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