Donald Trump a menacé de «frapper très durement» le régime des Mollahs en cas de répression des manifestations en Iran. Un avertissement qui intervient quelques jours après la capture de Nicolás Maduro.
Par Amaury Coutansais-Pervinquière
Donald Trump scrute les manifestations iraniennes, qui ont commencé le 28 décembre, «de très près», a-t-il affirmé dimanche à bord d’Air Force One. «S’ils commencent à tuer des gens comme ils l’ont fait dans le passé, je pense qu’ils seront frappés très durement par les États-Unis». Un avertissement qui résonne différemment depuis l’opération militaire américaine au Venezuela et l’exfiltration de son dirigeant Nicolás Maduro. Ali Khamenei, Guide suprême de la Révolution, a donc prévu un plan de secours en cas d’échec de la répression : la fuite. Un rapport du renseignement britannique, consulté par le Times, assure qu’un «plan B» «concerne Khamenei et son cercle très restreint de proches collaborateurs et de membres de sa famille, y compris son fils et héritier désigné, Mojtaba».
Une vingtaine de collaborateurs serait concernée. Avant l’évasion, ceux-ci sont chargés de rassembler «biens, propriétés à l’étranger et argent liquide pour faciliter leur passage», abonde le Times. La destination, bien qu’elle ne soit pas communiquée par le renseignement, serait Moscou, la capitale russe, alliée du régime des Mollahs. «Il n’y a pas d’autre endroit pour lui», selon Beni Sabti, un chercheur israélien qui a travaillé pour les services de sécurité de l’État hébreu.
Une opération d’évasion calquée sur celle de l’ancien dictateur syrien, Bachar Al-Assad. Son régime était soutenu par la Russie et le proxy libanais, le Hezbollah. Mais ce dernier avait été durement affaibli par des frappes israéliennes en novembre 2024. Un groupe djihadiste, Hayat Tahrir al-Cham, alors reclus dans une enclave du Nord-Ouest syrien autour de la ville d’Idlib, a entamé une marche vers Damas pour prendre le pouvoir. Les forces militaires du régime se sont débandées et la Russie a affrété un avion pour Bachar al-Assad qui a fui avec une partie de sa famille pour trouver refuge à Moscou. Un revers sévère pour la politique russe au Moyen-Orient et pour l’Iran qui perdait ici un important allié. Six mois plus tard, l’Iran subissait plusieurs vagues de frappes israéliennes qui l’ont ébranlé.