L'ancien secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg croit que les alliés ne seront pas davantage entraînés dans le conflit au Moyen-Orient. Il craint toutefois que la guerre engagée par les États-Unis et Israël contre l’Iran voilà deux semaines ne profite à l'économie russe et ne détourne l'attention du monde de l'invasion de l'Ukraine.
En entrevue à The House, sur les ondes de CBC, M. Stoltenberg rappelle que l'OTAN n'a jamais joué de rôle significatif dans les conflits majeurs au Moyen-Orient.
Je pense qu'il est important d'empêcher l'OTAN de s'impliquer dans ce conflit.
Une citation deJens Stoltenberg, ancien secrétaire général de l'OTAN
L’ancien chef de l’OTAN, qui est aujourd’hui ministre des Finances de la Norvège, se montre néanmoins inquiet quant aux répercussions mondiales de ce conflit.
Nous constatons que les conséquences économiques sont importantes. La hausse des prix de l’énergie peut entraîner un ralentissement de la croissance mondiale et une augmentation de l’inflation.
Une citation deJens Stoltenberg, ancien secrétaire général de l'OTAN
Cela profite à la Russie
L'impact économique mondial, ainsi que les récentes mesures prises par les États-Unis pour exempter le pétrole russe des sanctions pendant au moins 30 jours inquiètent M. Stoltenberg, car cela donne un coup de pouce à l'économie russe.
La Russie est un grand producteur de pétrole, et il y a eu toutes ces annonces concernant l'assouplissement d'au moins une partie des sanctions contre la Russie, ce qui va encore les aider , a-t-il déclaré.
Le premier ministre Mark Carney affirme que le Canada fera « tout ce qu'il peut » pour aider le marché mondial de l'énergie. Il convient toutefois de noter que le Canada est le seul pays du G7 à ne pas disposer d'une réserve stratégique.
Après l'annonce de l'exemption par les États-Unis vendredi, M. Carney a déclaré que les sanctions canadiennes visant les pétroliers russes resteraient en vigueur.
M. Stoltenberg ajoute que le matériel militaire dont l’Ukraine a besoin est détourné vers le Moyen-Orient pour se protéger contre les attaques iraniennes, ce qui pourrait donner à la Russie de meilleures chances de frapper le territoire ukrainien.
D'ailleurs, au moins quatre personnes ont été tuées et quinze blessées dans des frappes russes massives sur plusieurs régions d'Ukraine, et notamment sur celle de la capitale Kiev où des infrastructures énergétiques ont été ciblées, ont annoncé samedi les autorités.
L’OTAN survivra-t-elle à la présidence de Trump?
Selon M. Stoltenberg, rien ne garantit que l’OTAN survivra au président américain Donald Trump – qui ne cache pas sa frustration à l’égard de l’alliance –, mais il continue de croire qu’elle prévaudra.
Une OTAN forte est bonne pour l'Europe, elle est bonne pour le Canada, mais elle est également bonne pour les États-Unis.
Une citation deJens Stoltenberg, ancien secrétaire général de l'OTAN
Il rappelle que son pays partage une frontière avec la Russie, qui dispose d'un arsenal d'armes nucléaires pouvant être lancées contre les États-Unis. C'est pourquoi, dit-il, la Norvège surveille les sous-marins russes et d'autres menaces, et alerte les États-Unis si nécessaire.
Il dit comprendre les critiques du président américain à l’endroit des pays de l’OTAN.
Pour lui, les critiques formulées par le président Trump ne visaient pas principalement l’OTAN. Elles visaient le fait que les alliés de l’OTAN n’investissaient pas suffisamment dans [l’alliance], et la bonne nouvelle, c’est que cela a changé et continue de changer.
Les pays de l'OTAN se sont engagés à consacrer 5 % de leur produit intérieur brut à la défense – 3,5 % à leurs forces armées et 1,5 % supplémentaires aux infrastructures de défense.
Selon le Bureau parlementaire du budget (BPB) du Canada, atteindre cet objectif pourrait alourdir le déficit fédéral de 63 milliards de dollars.
D'après le texte de Benjamin Lopez Steven de CBC