Privilégiant la stabilité de son gouvernement, la dirigeante populiste n’a pour l’heure enclenché ni contre-révolution, ni réelle dérive illibérale.
Par Cyrille Louis Envoyé spécial à Rome
Giovanni Orsina n’est pas mécontent de sa formule. Alors que Giorgia Meloni s’apprête à surpasser, début septembre, un record de longévité jusqu’à présent détenu par Silvio Berlusconi, cet éminent politologue s’est essayé à définir son style de gouvernement. La large victoire de son parti aux législatives de septembre 2022 s’inscrit, selon lui, dans un contexte de réaction globale à l’ordre progressiste qui domine l’Europe depuis un demi-siècle. Contrairement à ce qu’on pouvait penser, elle n’a pour l’heure accouché ni d’une révolution conservatrice, ni d’une réelle dérive illibérale. « Le melonisme, résume le Pr Orsina avec une pointe d’ironie, consiste à réagir avec un léger retard aux défis du temps présent, en puisant dans un pragmatisme qui s’inspire vaguement, lorsque c’est possible, des valeurs traditionalistes et antimondialistes. »
On peut juger le propos sévère. Ou le trouver, au contraire, trop complaisant. Il trahit en tout cas une difficulté à ranger la présidente du Conseil…