Dans “Novaïa Gazeta Europe”, le journaliste Dmitri Dournev décrit un Donbass où la vie civile s’efface à mesure que les troupes russes avancent, appuyées par des assauts de drones constants. Gares fermées, villes vidées, fortifications dressées : le Donbass revendiqué par Vladimir Poutine, et pour l’heure encore sous contrôle ukrainien, devient un champ de bataille permanent.
Depuis le 14 août, la gare de Droujkivka dans l’oblast de Donetsk [région située dans l’est de l’Ukraine] n’est plus desservie. Un isolement forcé qui bouleverse profondément la vie des résidents, car, sans cette ligne, se rendre à Kramatorsk ou à Sloviansk devient plus compliqué et plus coûteux. Les lignes de bus, elles, sont toujours en service. Mais, pour les milliers de travailleurs qui vivent dans les banlieues-dortoirs situées sur la ligne, l’arrêt des trains marque une rupture. Pendant des décennies, ces localités s’étaient greffées à la voie ferrée.
Chaque matin dès 6 heures, trois rames partaient de Kostiantynivka en direction de Sloviansk, emmenant des milliers d’usagers vers leurs usines, vers les marchés de Kramatorsk pour leurs provisions ou encore vers le lac de Sloviansk pour leur baignade estivale. En fin de journée, les rames omnibus les ramenaient chez eux.
L’interruption du trafic ferroviaire signe un nouveau recul de la vie civile dans ces villages qui basculent, lentement mais sûrement, dans la guerre.
Le Donbass devient un théâtre de guerre
La petite ville de Droujkivka, elle, tente malgré tout de continuer à vivre, en dépit d’une récente attaque de drones sur le centre commercial, le marché municipal et le commissariat militaire situé à proximité.
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