Le nouveau Premier ministre du Canada, Mark Carney, effectuait ce lundi son premier déplacement à l'étranger depuis sa prise de fonction. Le symbole est fort : alors que les tensions sont au plus haut entre le Canada et les Etats-Unis de Donald Trump, il a choisi Paris et Londres pour son premier voyage officiel.
Son objectif : renforcer ses alliances sur le Vieux Continent et trouver un appui officiel pour défendre la souveraineté du Canada, alors que Donald Trump a régulièrement réaffirmé sa volonté d'annexer le pays, et qu'il lui impose des droits de douane allant jusqu'à 25 %.
Ce déplacement vise à « renforcer nos liens commerciaux et militaires avec deux de nos partenaires les plus solides et les plus fiables », a déclaré Mark Carney dans un communiqué diffusé durant le week-end, alors que les menaces posées par le président américain dominent la vie politique canadienne depuis des semaines.
« Nos alliés fiables comme la France »
« C'est plus important que jamais pour le Canada de renforcer ses liens avec nos alliés fiables comme la France », a déclaré Carney ce lundi à l'Elysée, avant un déjeuner de travail avec le président français. « Nous devons renforcer nos liens diplomatiques pour faire face, ensemble, à ce monde de plus en plus instable et dangereux », et créer aussi de nouvelles « opportunités pour nos entrepreneurs ».
« Le Canada répondra toujours présent pour assurer la sécurité de l'Europe », a-t-il ajouté, tout en soulignant une volonté commune de « maintenir les relations les plus positives possibles avec les Etats-Unis ». La France et le Canada sont des « puissances de paix », qui exigent de la Russie des « engagements clairs », a dit de son côté Emmanuel Macron.
Les droits de douane imposés par Donald Trump ont provoqué un électrochoc dans le pays, car 75 % des exportations du Canada partent vers les Etats-Unis. Mark Carney souhaite notamment trouver un moyen de diversifier les relations commerciales de son pays et se tourner plus vers l'Europe, avec laquelle un accord de libre-échange a déjà été signé.
Le Premier ministre canadien a également eu un échange téléphonique avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. « Le Canada et l'Europe sont de solides partenaires, chose très importante dans une économie mondiale en évolution », a-t-il expliqué sur X.
Paris puis Londres
Macron et Carney mettent « l'accent sur leur engagement commun à bâtir des liens économiques, commerciaux et de défense plus solides », souligne le communiqué canadien. Les deux dirigeants ont également discuté de « la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine » et des « projets au coeur » du « partenariat stratégique » entre les deux pays, précise l'Elysée.
Mark Carney, qui était devenu en 2013 le premier non-Britannique à diriger la Banque d'Angleterre, se rendait ensuite à Londres pour rencontrer son homologue, Keir Starmer. Il devait évoquer avec le Premier ministre britannique « le renforcement de la sécurité transatlantique, la croissance du secteur de l'intelligence artificielle et les solides relations commerciales » bilatérales, selon le communiqué.
Le Royaume-Uni est le troisième partenaire commercial du Canada pour les biens et les services, avec des échanges évalués à 61 milliards de dollars canadiens (40 milliards d'euros). Une audience avec le roi Charles III, qui est aussi le souverain du Canada, était prévue.
Sur le chemin du retour, il s'arrêtera mardi à Iqaluit, dans le Nunavut, un territoire canadien proche du Groenland, « pour réaffirmer la souveraineté et la sécurité du Canada dans l'Arctique », alors que Donald Trump a maintes fois fait part de son souhait d'annexer le Groenland.
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