Dans un discours considéré comme crucial pour son avenir après la défaite du Labour lors d’élections locales, le dirigeant travailliste a également annoncé son intention de nationaliser le sidérurgiste British Steel, propriété du groupe chinois Jingye.
Le premier ministre britannique, Keir Starmer, a exclu, lundi 11 mai, de démissionner, dans un discours considéré comme crucial pour son avenir après la cuisante défaite de son parti travailliste lors d’élections locales, jeudi.
« Je comprends votre frustration. Je reconnais que les résultats sont difficiles à accepter », a-t-il déclaré, admettant avoir « une responsabilité » à assumer dans le recul de son parti. « Mais j’ai aussi la responsabilité de mettre en œuvre les changements pour lesquels nous avons été élus et que nous avons promis à ce pays, et je tiendrai cette promesse », a-t-il ajouté.
Le Parti travailliste de la gauche britannique a perdu le contrôle du Pays de Galles, après près d’un siècle de domination. Il s’est fait ravir, par le parti d’extrême droite anti-immigration Reform UK, des dizaines de collectivités dans ses bastions historiques du nord de l’Angleterre. Et, à Londres, les travaillistes ont cédé leur majorité dans des arrondissements emblématiques comme Lewisham (Sud-Est) au profit des Greens.
Le premier ministre a estimé que le « chaos lié aux changements constants de dirigeants » lorsque les Tories étaient au pouvoir avait coûté « très cher » au pays, et notamment aux travailleurs, et promis que son parti « n’infligerait pas cela de nouveau » au Royaume-Uni.
Il a reconnu que certains électeurs sont « frustrés par la situation en Grande-Bretagne, frustrés par la politique, et pour certains déçus de moi » après les élections. « Je sais que certains doutent de moi, et je sais que je dois leur prouver qu’ils ont tort, et c’est ce que je ferai », a-t-il toutefois promis.
Il a, par ailleurs, annoncé son intention de nationaliser le sidérurgiste British Steel, propriété du groupe chinois Jingye, dont le gouvernement avait déjà pris le contrôle il y a un peu plus d’un an. « Nous avons négocié avec le propriétaire actuel mais aucune vente commerciale n’a pu aboutir », a-t-il fait savoir. « Un projet de loi sera présenté cette semaine pour donner au gouvernement le pouvoir (…) de prendre la pleine propriété nationale de British Steel », a-t-il ajouté.
Dans un discours centré sur les jeunes et le rapprochement avec l’Union européenne, M. Starmer a aussi promis de « mettre le Royaume-Uni au cœur de l’Europe », près de dix ans après le référendum de Brexit. « Ce gouvernement travailliste se distinguera par sa volonté de reconstruire nos relations avec l’Europe », a déclaré le dirigeant.