Depuis l’invasion de 2022, Moscou arrête en masse les citoyens des territoires occupés, quel que soit leur profil, afin de briser toute résistance. Plus de 16 000 sont actuellement prisonniers, selon le défenseur des droits ukrainien. Kiev tente de les faire libérer, mais se heurte à un mur.
Par Faustine Vincent
Sur la capture d’écran, prise lors de leur appel vidéo mensuel autorisé, la jeune femme à la longue natte brune s’efforce de sourire à sa mère et dessine un demi-cœur avec ses mains. Kidnappée en mars 2023 par les Russes dans sa ville natale de Kakhovka, dans la zone occupée de la région de Kherson, Viktoria Kletchenko, 26 ans, a été condamnée par les Russes, en octobre de la même année, à dix ans de prison pour « espionnage ».
Depuis, la jeune Ukrainienne croupit dans une colonie pénitentiaire à régime strict dans la région de Rostov-sur-le-Don, en Russie. Rongée par l’angoisse, sa mère, bloquée à Kakhovka sous occupation, transmet clandestinement les maigres informations dont elle dispose à son amie d’enfance, Laryssa Manaïeva, dans l’espoir qu’elle puisse l’aider à faire libérer sa fille. « Elle est terrorisée et impuissante, confie cette amie, autour d’un café, à Odessa, ce matin d’avril. J’essaie de faire le maximum pour que Viktoria puisse être libérée, mais c’est un cauchemar. »
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