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Carney salue l’idée de faire du Canada un membre associé de l’Union européenne

Auteur: user avatar admin Source: Radio Canada
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Le premier ministre Mark Carney a déclaré jeudi que le Canada accueillait favorablement l’idée de devenir le premier membre associé de l’Union européenne, évoquée la veille par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Dans son très attendu discours devant le Parlement européen à Strasbourg, le premier ministre canadien a souligné la nécessité d’établir un partenariat pour renforcer la souveraineté du Canada et de l’Europe, tout en affirmant que les termes d'un tel accord sont encore à déterminer.

Le Canada se réjouit de cette ambition, a déclaré M. Carney, en soulignant qu'une majorité écrasante de Canadiens se disent en faveur d'un renforcement des liens de leur pays avec l'Europe.

Il a évoqué une alliance fondée sur des valeurs communes et des forces complémentaires. Nous ne sommes pas des alliés de circonstance, a-t-il déclaré. Nous ne recherchons pas d’accords à somme nulle.

M. Carney a plaidé en faveur d’un renforcement des liens entre le Canada et l'Europe dans les domaines des minéraux critiques, de la défense, de l'intelligence artificielle et de la sécurité énergétique.

Il a ajouté que le Canada et l’Europe devraient aller de l’avant pour permettre aux jeunes de vivre, de travailler et d’étudier de part et d’autre de l’océan Atlantique, et créer un marché intégré des services financiers.

Nous ne recherchons pas le pouvoir pour dominer les autres. Au contraire, nous visons la résilience afin que personne – absolument personne – ne puisse contrôler nos marchés ouverts, porter atteinte à notre souveraineté, menacer notre intégrité territoriale ou saper nos libertés, nos démocraties et notre État de droit.

Une citation deMark Carney, premier ministre du Canada

Carney préfère parler d'« alliance pour le futur »

Les termes exacts du partenariat qui unirait le Canada à son allié de l’autre côté de l’Atlantique sont encore à déterminer, tout comme l’appellation qui le désignera. Si la présidente de la Commission européenne a évoqué la veille le statut de membre associé, M. Carney a préféré parler jeudi d’une alliance pour le futur.

Mark Carney tient Terry Reintke par l'épaule pour une photo.
Terry Reintke, coprésidente du Groupe des Verts/Alliance libre européenne avait revêtu un maillot de circonstance pour assister au discours de Mark Carney devant le Parlement européen à Strasbourg, en France, le jeudi 17 septembre 2026. Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Questionné sur cette nuance lors d’un point de presse après son discours, le premier ministre a dit que la question de la nomenclature relève de l’Europe. Ce qui est important, c’est le fond, a-t-il ajouté.

Il a toutefois souligné que le Canada ne cherchait pas une adhésion à part entière à l’UE.

En ce qui concerne les détails de l’accord entre le Canada et l’Union européenne, ceux-ci devront être discutés par leurs parlements respectifs, a-t-il ajouté.

Jonathan Wilkinson, le futur ambassadeur du Canada auprès de l'Union européenne, a indiqué mercredi que l'annonce officielle du partenariat devrait avoir lieu à la fin du mois d’octobre, lors du Sommet UE-Canada, qui se tiendra à Montréal.

Tensions américaines

Répondant à une question à savoir si cette annonce avait été faite en réaction aux tensions commerciales avec son voisin au Sud, le premier ministre Carney a assuré qu’il s’agissait d’une initiative positive et pas d’une réaction à autre chose.

Il a ajouté qu’un Canada plus fort, plus résilient et plus souverain sera un meilleur partenaire pour les États-Unis.

Personne ne dit aux Canadiens et aux Canadiennes la langue que nous parlons, de faire des restrictions sur notre culture ou des restrictions sur nos partenariats à l’étranger, a-t-il dit en français, en référence à des demandes qui auraient été formulées par l'administration Trump lors de négociations commerciales.

Questionné mercredi au sujet d’une possible alliance entre le Canada et l’UE, le président américain Donald Trump avait qualifié l’idée de ridicule.

S’ils font cela, j’estimerai qu’il s’agit d’un acte hostile et j’imposerai des droits de douane très lourds ou je cesserai tout commerce avec l’Europe, avait-il menacé.

Positionnement stratégique

Pour Sam Ayoub, président fondateur de la Chambre économique Canada-Europe, la guerre tarifaire avec les Américains était l’éléphant dans la pièce du discours de M. Carney.

En entrevue à Première ligne sur ICI RDI, il explique qu’il est trop tôt pour connaître quels impacts ce partenariat avec l’Europe pourrait avoir sur les entreprises canadiennes.

C’est quelque chose qui reste à être défini, donc, par définition, ça crée une incertitude supplémentaire sur les relations entre le Canada, l’Union européenne, et même les États-Unis, affirme-t-il.

Il note par ailleurs que la position stratégique du Canada, qui dispose d’accords de libre-échange avec l’Europe et avec les États-Unis, fait partie de son narratif de vente pour les investissements européens.

Il faut savoir se positionner intelligemment entre les deux, et pas nécessairement tourner le dos à l’un pour aller vers l’autre, conclut-il.

Avec les informations de La Presse canadienne et Agence France-Presse


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