Les enfants des immigrants économiques, provenant d'un milieu favorisé, représentent la majorité des inscriptions des 5 dernières années.
L’augmentation des inscriptions dans les établissements scolaires publics de Lévis et de Québec est attribuable aux enfants nés à l’extérieur du pays, depuis cinq ans, selon des données du ministère de l'Éducation.
Les immigrants de première génération comptent pour près de 100 % de l’augmentation totale des élèves au Centre de services scolaire des Découvreurs, dont les écoles sont situées dans les secteurs de Sainte-Foy, Sillery, Cap-Rouge, de Saint-Augustin-de-Desmaures et de L’Ancienne-Lorette.
En 2025-2026, le CSS des Découvreurs comptait 15 289 élèves au total, dont 4285 sont les enfants de la première génération à immigrer au Québec, comparativement à 13 704 élèves et 2701 de première génération en 2021-2022.
Les élèves non issus de l’immigration, eux, ont diminué au cours de la même période, passant de 8837 à 8470.
La situation est similaire dans les autres centres de services scolaires de la région. La croissance attribuable aux immigrants de première génération est de 99 % au Centre de services scolaire des Navigateurs, de 86 % au Centre de services scolaire des Premières-Seigneuries et de 85 % au Centre de services scolaire de la Capitale.
Milieux sociaux économiques favorisés
La majorité des élèves de première génération immigrante provient de milieux favorisés en Capitale-Nationale (53 %). Ils sont aussi nombreux à parler le français (49 %) selon les données du ministère de l'Éducation.
Au contraire, ils sont 14 % à provenir de milieux défavorisés pour cette même période. Environ, 16 % communiquent en arabe, 8 % en espagnol et moins de 3 % en anglais.
Près de 60 % de ces élèves de première génération immigrante sont originaires de l’Afrique, 20 % d’Amérique et 14 % d’Europe.
Boom d'immigration après la pandémie
Pendant la crise sanitaire de 2020 et 2021, les frontières ont été fermées et les processus d'immigration ont tourné au ralenti, provoquant une baisse importante des arrivées au Canada. Une fois les restrictions levées, et l’économie relancée, les gouvernements du Québec et du Canada ont augmenté le nombre de travailleurs étrangers temporaires pour pourvoir les postes vacants.
L’augmentation du nombre des étudiants étrangers et des demandeurs d’asile, dont les flux migratoires ont également repris avec la réouverture des frontières.
Un grand nombre sont arrivés aux pays accompagnés d’enfants qui ont intégré le réseau scolaire québécois à cette période.
PSPP lie la surpopulation à l’immigration
Samedi, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, a lié l’immigration et le manque d’espace dans les écoles de la Capitale-Nationale. Il a affirmé qu’il s’agissait d’une « perte de contrôle totale » sur un système brisé par la CAQ.
Ses propos n’ont pas tardé à faire rager ses adversaires. Je trouve ça épouvantable [...] arrêtez ce discours de division, a affirmé la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Gazal. « Ça manque de classe », a dit de son côté le chef libéral Charles Milliard.
La solution, selon le chef du Parti québécois, est de réduire les cibles d’immigration à 35 000 nouveaux arrivants permanents par année. Il veut également réduire le nombre d’immigrants temporaires au Québec.
Cette volonté a déjà été exprimée par le gouvernement de Mark Carney (nouvelle fenêtre), qui a reconnu dans son budget 2025 que l’immigration des dernières années commençait à dépasser la capacité habituelle du Canada à absorber et à soutenir les nouveaux arrivants.
Il a raison sur les symptômes, il a tort sur les solutions
Le manque d’espace dans les écoles publiques est effectivement décrié de toutes parts dans le milieu de l’éducation.
Les écoles sont au maximum de leur capacité. Les centres de services demandent de nouveaux espaces et de nouveaux établissements depuis des années. On se retrouve à avoir des locaux modulaires qui nous aident, mais ce n’est pas une solution à long terme, mentionne André Bernier, président de l’Association québécoise du personnel de direction des écoles.
Martin Maltais, professeur en financement des politiques d’Éducation à l’UQAR, n’est pas du tout surpris des chiffres. Par contre, la solution ne passe pas par une baisse de l’immigration, selon lui. M. Plamondon a raison sur les symptômes, il a tort sur les solutions, dit-il. Il faut plutôt adapter le système.
On a des besoins au plan économique et les gens qu’on va accueillir vont faire des bébés ou ils en ont déjà.
Une citation deMartin Maltais, professeur en financement des politiques d’Éducation à l’UQAR,
André Bernier abonde dans le même sens. Il ne semble pas avoir eu une bonne planification. On a besoin de travailleurs. La situation serait encore pire dans plusieurs écoles avec la pénurie de personnel. On a des personnes immigrantes qui nous aident, conclut-il.