Le Trésor américain est intervenu, en coordination avec le gouvernement japonais, pour soutenir le yen. Il avait fait de même avec l’Argentine, en octobre 2025, avant l’élection de Javier Milei.
Par Eric Albert
La mise en scène avait été soigneusement organisée. Sur son bloc-notes, laissé devant lui, à la vue des photographes, lors du conseil des ministres, vendredi 31 juillet, avec le président américain, Donald Trump, Scott Bessent avait inscrit : « A faire, acheter des yens japonais, 5-10 milliards de dollars. » Le secrétaire d’Etat au Trésor américain révélait ainsi au monde qu’il avait lancé, la veille, une opération de soutien à la devise japonaise, qui était à son plus bas niveau, depuis 1986, face au dollar. Il a officiellement confirmé la manœuvre dans un communiqué, dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 août. Cette intervention, menée conjointement avec le gouvernement japonais, était une première depuis 1998.
Les Etats-Unis et le Japon ont ainsi procédé à des achats de yens. A court terme, l’opération a fonctionné. Son montant atteint peut-être 80 milliards de dollars (près de 70 milliards d’euros) du côté japonais, et quelques milliards de dollars du côté américain, selon les estimations de la banque néerlandaise ING. La monnaie japonaise a rebondi de 4 %, mettant fin à des mois de déclin. « Nous n’hésiterons pas à mener d’autres interventions », ajoute Satsuki Katayama, la ministre des finances japonaise. « La crise financière asiatique [des années 1990] a été en partie déclenchée par un yen excessivement faible. Je pense donc qu’un yen stable n’est pas seulement important pour les Etats-Unis, mais aussi très important pour la région », a précisé Scott Bessent mardi 4 août, sur la chaîne CNBC.
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