Tuberculose au Kenya, droits LGBTQI en Turquie, instruction pour les filles afghanes, soutien au journalisme indépendant… Partout dans le monde, des programmes risquent de disparaître après le gel de l’aide internationale des États-Unis.
Ukraine. Les anciens combattants livrés à eux-mêmes
La hotline mise en place par l’ONG Veteran Hub fonctionnait 24 heures sur 24, raconte The Kyiv Independent. Chaque mois, elle recevait plus de 1 300 appels. “Pour les anciens combattants et leurs familles, il est crucial de savoir qu’ils peuvent compter sur quelqu’un à tout moment”, explique l’une de ses responsables, Olha Koutcher. La hotline est désormais fermée.
L’association caritative Dostoupno travaillait quant à elle depuis des années avec des personnes handicapées et, notamment, des soldats blessés depuis l’invasion du pays par la Russie, explique Radio Free Europe/Radio Liberty. Elle les aidait à retourner à la vie civile et leur dispensait un soutien psychologique. Tous ces programmes sont désormais en suspens et Nataliya Parkhitko, directrice par intérim de Dostoupno, dit remuer ciel et terre pour sauver son équipe de huit salariés.
Eswatini. Les serpents vont tuer à nouveau
À la différence des autres pays d’Afrique subsaharienne, où les morsures de serpent ont causé 20 000 décès en 2023, l’Eswatini (ex-Swaziland) n’en a enregistré aucun. Et ce grâce à un hôpital, The Luke Commission, reconnu pour sa spécialisation dans la prise en charge des victimes de morsure.
Mais “maintenant nous n’avons plus nulle part où les envoyer. Nous allons revenir en arrière, quand il y avait plus de 60 morts chaque année”, se désespère Thea Litschka-Koen, experte des morsures de serpent, auprès de The Mail & Guardian. S’il a indiqué tout faire pour que cela soit temporaire, l’hôpital a en effet été contraint de fermer ses portes le 6 février à la plupart de ses patients en raison, entre autres, de l’arrêt des financements de l’USAID.
Indonésie. Fini le journalisme d’investigation
La suppression de 270 millions de dollars d’aide américaine pour soutenir le journalisme indépendant à travers le monde a porté un coup sévère aux médias d’investigation.
Exemple en Indonésie où, selon le média Mongabay, des médias comme Remotivi, New Naratif ou Project Multatuli ont vu leurs enquêtes brutalement interrompues, sur des sujets environnementaux sensibles peu traités par les médias de masse : prolifération des mines de nickel dans l’est du pays sous l’afflux d’investissements chinois ou encore conversion massive de terres pour accueillir la future capitale à Kalimantan.
“Sans nous, il n’y aurait aucun contrôle”, explique le directeur de Remotivi. “Nous avions conscience que nous devrions un jour nous affranchir des grands bailleurs. Les coupes ne font qu’accélérer l’urgence de réinventer notre modèle économique”, confie la cofondatrice de Project Multatuli.
Depuis les années 2000, la concentration des médias entre les mains de conglomérats proches du pouvoir et un durcissement législatif ont considérablement réduit l’espace pour les médias indépendants. L’Indonésie a chuté à la 111e place sur 180 du classement de Reporters sans frontières.
Kenya. Les oubliés de la tuberculose
Dalvin Modore a 40 ans et il est atteint de tuberculose. Il fait partie “des milliers de Kényans, des centaines de millie ...() La suite est réservée aux abonnés…