ENTRETIEN - Après l’annonce d’un accord entre Donald Trump et Vladimir Poutine pour livrer plusieurs millions de tonnes de diesel russe sur les marchés internationaux, l’économiste Philippe Chalmin décrypte les conséquences possibles sur les prix des carburants, notamment en France.
Par Emma Confrère
Donald Trump promet une baisse spectaculaire des prix du diesel. Vendredi soir, le président américain a annoncé avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine, à l’issue d’une «discussion très fructueuse», pour permettre à la Russie de livrer plusieurs millions de tonnes de carburant aux marchés américain et mondial. Dans le détail, Moscou s’est engagé à fournir immédiatement 300.000 tonnes de diesel, puis 500.000 tonnes supplémentaires en novembre et un million de tonnes dans la foulée. Trois millions de tonnes pourraient également être livrées rapidement, selon l’état des raffineries russes. Pour permettre ces exportations, Washington a temporairement assoupli les sanctions américaines visant le diesel russe.
L’objectif affiché par Donald Trump est de faire baisser les prix des carburants, à moins d’un mois des élections de mi-mandat américaines. Jeudi, le gallon de diesel atteignait en moyenne 6,28 dollars aux États-Unis, selon l’association d’automobilistes AAA. L’annonce a immédiatement fait réagir les marchés, les contrats à terme sur le diesel américain reculant de près de 5%. Mais cette décision peut-elle réellement soulager les automobilistes français à la pompe ? Philippe Chalmin, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine et fondateur du rapport CyclOpe consacré aux matières premières, décrypte les enjeux de cet accord.
LE FIGARO. - Donald Trump promet une baisse rapide et spectaculaire des prix du diesel grâce à cet accord avec Vladimir Poutine. Est-ce crédible ?