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Pas d’accord avec Washington : Carney promet de répliquer aux tarifs de 50 % de Trump

Source: Radio Canada
Le premier ministre Mark Carney promet de répliquer aux nouveaux droits de douane de 50 % de Donald Trump.  Photo : (Evelyn Hockstein/Pool Photo/The Associated Press)
Le premier ministre Mark Carney promet de répliquer aux nouveaux droits de douane de 50 % de Donald Trump. Photo : (Evelyn Hockstein/Pool Photo/The Associated Press)

Après l'échec des négociations entre Ottawa et Washington, les nouveaux droits de douane de 50 % sur 28 milliards de dollars de produits canadiens sont entrés en vigueur, samedi. Le premier ministre Mark Carney promet d'y répliquer, « au dollar près ».

Tard vendredi soir, M. Carney a annoncé qu'il avait décidé de suspendre les négociations commerciales avec les États-Unis et [qu'il avait] demandé aux négociateurs canadiens de rentrer à Ottawa.

Les modifications de dernière minute apportées aux conditions proposées par les États-Unis étaient inéquitables, non rentables et remettaient en cause la fiabilité de tout accord, a regretté le premier ministre dans un communiqué partagé sur les réseaux sociaux.

Selon lui, les progrès réalisés dans les derniers jours n'ont pas suffi à répondre aux objectifs que nous nous étions fixés pour les Canadiennes et les Canadiens.

Consultez notre couverture en direct pour les derniers développements de la guerre commerciale avec les États-Unis.

Quelques minutes auparavant, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a reproché au Canada de nouvelles demandes et un certain nombre de reculs.

Malgré une offre américaine au Canada de recevoir un meilleur traitement que n'importe quel exportateur sur notre marché, de nouvelles demandes et des reculs sur certains engagements par le Canada ont bouleversé le fragile équilibre obtenu ces derniers jours, a-t-il affirmé lors d'un appel avec des journalistes canadiens et américains.

Selon lui, le gouvernement américain a notamment offert d'abaisser les droits de douane sectoriels touchant l'acier et l'aluminium, le secteur automobile ou encore le bois de construction, en échange de concessions de la part du Canada, qui n'ont pas été détaillées.

Dominic LeBlanc et Janice Charette s'adressent aux médias.
Dominic LeBlanc et Janice Charette quittent une réunion avec Jamieson Greer à Washington, le 11 août 2026. Photo : Reuters / Kevin Lamarque

M. Greer a passé plusieurs heures vendredi à discuter avec le ministre du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef, Janice Charette, qui se trouvaient à Washington depuis près de deux semaines. Ces négociations de dernière minute n'auront toutefois pas été suffisantes.

M. Greer a annoncé qu’une nouvelle série de droits de douane entrerait en vigueur comme prévu samedi à 00 h 01 (HAE).

Les produits visés par cette nouvelle surtaxe couvrent un large éventail de secteurs : vins et boissons alcoolisées, panneaux de contreplaqué, miel, bulbes de tulipes, huiles essentielles, bâtonnets à crème glacée, ciment, produits laitiers, bâtons de hockey, etc. D'une valeur de 28 milliards de dollars, ces biens représentent environ 5,5 % des exportations canadiennes aux États-Unis, selon certaines estimations.

Cette nouvelle salve tarifaire devait initialement entrer en vigueur mercredi, mais le président américain Donald Trump avait accordé un sursis de trois jours, en annonçant qu'un projet d'accord d'entente était sur la table avec Ottawa.

Une réplique du Canada

Le Canada appliquera des droits de douane équivalents, au dollar près, afin de protéger nos travailleurs et nos entreprises, a assuré Mark Carney, qui avait laissé entrevoir plus tôt cette semaine une réplique canadienne en cas d'échec des négociations.

Les détails concernant les produits sur lesquels le Canada imposera des droits de douane en riposte ne sont pas encore disponibles.

Le premier ministre, qui doit s'adresser aux médias à 11 h (HAE), a également indiqué que son gouvernement allait bientôt mettre en place des mesures pour soutenir les travailleurs et les entreprises au pays.

Le Canada possède ce que le monde recherche. Et nous ne laisserons aucun pays décider de notre avenir, a-t-il insisté.

Des premiers ministres provinciaux inquiets

Après plusieurs jours de silence, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, a déclaré vendredi soir sur les réseaux sociaux que le premier ministre Carney bénéficiait de son soutien total pour une réponse ferme.

Alors que nous nous battons pour protéger la souveraineté et la sécurité économique du Canada, toutes les options doivent être envisagées. L’Ontario est prêt à jouer son rôle.

Une citation deDoug Ford, premier ministre de l’Ontario


Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, s'adresse aux médias.
Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, presse depuis plusieurs mois le fédéral d'adopter une posture ferme face à l'administration Trump. (Photo d'archives) Photo : La Presse canadienne / Sammy Kogan

De son côté, la première ministre du Québec, Christine Fréchette, a affirmé dans une déclaration samedi matin que les nouveaux tarifs auront un impact direct sur notre économie et sur les travailleurs québécois.

Elle réunira son Conseil des ministres au cours de la journée pour trouver des mesures d’aide aux travailleurs et aux entreprises touchés par les tarifs, et a également prévu de communiquer avec le gouvernement fédéral pour réclamer du soutien.

La première ministre albertaine, Danielle Smith, s'est dite profondément déçue de l'issue des rencontres. L’Alberta a toujours plaidé en faveur d’une relation commerciale sans droits de douane, et elle continuera de le faire, a-t-elle ajouté sur son compte X aux petites heures du matin.

Les Britanno-Colombiens resteront toujours aux côtés du Canada, a pour sa part écrit le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby. Nous n’avons pas demandé cela, mais nous continuerons à nous battre aussi longtemps qu’il le faudra.

Finalement, à la tête du gouvernement néo-brunswickois, Susan Holt a réaffirmé samedi matin l'engagement fort et uni de la province avec le reste du pays, alors que nous nous battons pour une entente équitableCertaines entreprises du Nouveau-Brunswick sont maintenant frappées par des tarifs injustifiés qui nuiront à notre économie, à nos travailleurs et à nos familles, a-t-elle souligné.

Des acteurs économiques préoccupés

Candace Laing, présidente-directrice générale de la Chambre de commerce du Canada et membre du comité consultatif du premier ministre sur les relations économiques entre le Canada et les États-Unis, a indiqué vendredi dans une déclaration que cela constituerait un coup dur pour la compétitivité nord-américaine dans cette saga commerciale autodestructrice.

Mme Laing a ajouté que les Américains verraient leurs coûts augmenter, tandis que les Canadiens verraient disparaître leurs clients, leurs investissements et leurs petites entreprises.

Le Conseil du patronat du Québec a abondé dans le même sens et a parlé samedi d'un dur revers pour les entreprises québécoises qui espéraient enfin retrouver un minimum de prévisibilité dans leurs échanges.

Dans une déclaration, la présidente et directrice générale de l’organisation, LLambías Meunier, a souligné les répercussions qui dépasseront les secteurs concernés, en affectant notamment les consommateurs, qui devront assumer une partie des coûts.

Avec les informations de La Presse canadienne et Agence France-Presse

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