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Automobile 5 min de lecture

Les véhicules électriques fabriqués en Chine commencent à arriver au Canada

Plus de 2900 véhicules électriques fabriqués en Chine sont arrivés au pays au cours du mois de mai, selon les données d'Affaires mondiales Canada.  Photo : La Presse canadienne / Andy Wong
Plus de 2900 véhicules électriques fabriqués en Chine sont arrivés au pays au cours du mois de mai, selon les données d'Affaires mondiales Canada. Photo : La Presse canadienne / Andy Wong

Les premiers véhicules fabriqués en Chine sont arrivés au Canada en mai, après que le premier ministre Mark Carney eut autorisé en janvier l’entrée de milliers de ces véhicules à un tarif douanier préférentiel. Au même moment, Sécurité publique Canada appelle les Canadiens à être conscients des risques que posent ces véhicules pour la sécurité et la confidentialité.

Plus de 2900 véhicules électriques (VE) fabriqués en Chine sont arrivés au Canada au cours du mois de mai, selon les données d'Affaires mondiales Canada.

Ces données ne précisent pas quelles marques ou quels modèles sont concernés. Or, M. Carney a déclaré la semaine dernière qu'il semblerait que la plupart des voitures seront des Tesla fabriquées en Chine.

En 2024, le Canada imposait des droits de douane de 100 % sur les VE chinois. Mais depuis une volte-face d'Ottawa, l'importation de 49 000 VE fabriqués en Chine et imposés de droits de douane de 6,1 % par année est autorisée.

Ottawa impose également un quota maximal de 24 500 voitures sur une période de six mois.

Les VE gagnent en popularité

Avec le retour des subventions fédérales pour les VE et la hausse des prix à la pompe, de plus en plus d'automobilistes envisagent d'acheter un VE, affirme le groupe de pression pour les VE Electric Mobility Canada.

C'est évident que la concurrence commence à voir les effets, ce qui est une bonne chose pour le consommateur, a déclaré Daniel Breton, président-directeur général d’Electric Mobility Canada.

Il prévoit que l’arrivée au Canada d’un plus grand nombre de VE fabriqués en Chine exercera une pression à la baisse sur les prix.

Les trois grands constructeurs automobiles canadiens ont déclaré dans un communiqué que l'arrivée de ces VE mine l'industrie automobile du Canada et expose les Canadiens à des risques de sécurité.

Mise en garde concernant les données sur les VE

Une note de service de Sécurité publique Canada, préparée pour répondre aux préoccupations concernant les véhicules chinois, exhorte les Canadiens à être conscients des risques pour la sécurité et la confidentialité des appareils numériques qu'ils achètent et utilisent.

La note, que La Presse canadienne a obtenue en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, indique que le Canada doit diversifier son économie pour s'adapter à un contexte géopolitique changeant – une étape essentielle pour garantir sa souveraineté économique.

Parallèlement, l'ouverture de nos marchés à de nouveaux acteurs peut amplifier la présence de fournisseurs à haut risque. Les véhicules connectés, à l'instar d'autres appareils intelligents ou connectés à Internet, recueillent d'importantes quantités de données sur les Canadiens, lesquelles peuvent avoir une valeur en matière de renseignement, précise-t-elle. Par exemple, un accès non autorisé aux données et aux systèmes des véhicules connectés pourrait servir à établir des habitudes de vie ou à surveiller des sites sensibles.



Une voiture sport rouge.
La voiture électrique sport U9 de Yangwang, une marque de luxe du géant chinois des véhicules électriques BYD, est présentée au Salon de l'auto de Shanghai, le 23 avril 2025. Photo : Reuters / Go Nakamura

Le document interne souligne que les entreprises canadiennes doivent se conformer à la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels ou à ses équivalents provinciaux, qui encadrent la collecte, l'utilisation et la communication des renseignements personnels.

La note ajoute toutefois qu'il est important de se rappeler que les lois sur la sécurité nationale de certains pays, comme la Chine, peuvent obliger les fabricants et les fournisseurs à partager des données avec leur gouvernement ou leurs services de police.

Le risque que les données canadiennes recueillies par les véhicules connectés soient consultées et exploitées augmente lorsque ces données sont envoyées vers des territoires étrangers dotés de cadres de gestion des données plus permissifs, ou y transitent.

Une citation deExtrait de la note de service de Sécurité publique Canada



Les véhicules fabriqués en Chine et destinés à la vente au Canada sont assujettis à la même réglementation que les voitures et les camions fabriqués dans d’autres pays, et le fabricant doit certifier que chaque véhicule est conforme aux normes de sécurité établies dans le Règlement sur la sécurité des véhicules automobiles du Canada, précise la note de service.

Toutefois, les technologies des véhicules connectés présentent des menaces croissantes pour la sécurité, notamment tout au long de la chaîne d’approvisionnement, que le gouvernement évalue afin de déterminer la nécessité d’outils supplémentaires, dit la note.

Mesures de sécurité

Le document indique que des risques pour la sécurité sont associés à divers autres appareils connectés, téléphones mobiles, équipements de réseau, caméras vidéo et drones.

Il existe d’importantes mesures de protection – certaines déjà en place, d’autres nécessitant un développement et une mise en œuvre supplémentaires – pour atténuer ou gérer ces risques, ajoute la note de service.

Chaque Canadien doit également tenir compte des implications en matière de cybersécurité et de protection de la vie privée, ainsi que de la fiabilité des appareils qu’il achète et utilise, précise-t-elle. À mesure que les menaces évoluent, nos outils doivent évoluer eux aussi.

Les technologies émergentes, comme l’intelligence artificielle, sont de plus en plus intégrées aux appareils connectés partout au Canada, y compris dans l’industrie automobile, ce qui accroît la puissance et la portée des acteurs malveillants dans le cyberespace, indique le document.

Il prévient que, si ces technologies sont introduites sans mesures de sécurité intégrées tout au long de leur cycle de vie, le Canada pourrait être moins apte à contrer les menaces.

Avec les informations de La Presse canadienne et de David Thurton, de CBC News

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