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Comment les droits de douane de Trump impactent les exportations françaises

Source: Les Echos:::
Emmanuel Macron et Donald Trump, le 13 octobre 2025. (Photo Yoan Valat/Pool/AFP)
Emmanuel Macron et Donald Trump, le 13 octobre 2025. (Photo Yoan Valat/Pool/AFP)

Les taxes américaines sur les produits français, en vigueur depuis juillet 2025, ont un impact limité sur l'économie tricolore mais important pour certains secteurs, pointe une étude de Rexecode. Revue de détail.

Par Nathalie Silbert

Les droits de douane sont l'une des armes de guerre favorites de Donald Trump pour faire avancer ses projets en matière de politique étrangère. Les augmentations appliquées depuis l'an dernier par l'administration américaine sur les produits français à leur arrivée aux Etats-Unis ont déjà un impact pour les entreprises hexagonales.

Selon une étude de Rexecode, la hausse des « tariffs », fixée à 15 % depuis le 27 juillet 2025, s'établirait dans les faits à seulement 8 % environ en moyenne, compte tenu des exemptions dont bénéficient l'aéronautique et la pharmacie - ces deux secteurs concentrent à eux seuls 30 % des exportations françaises outre-Atlantique.

A ce niveau de taxation effective, le prélèvement sur les entreprises avoisine les 400 millions de dollars (soit 337 millions d'euros) sur le seul mois d'octobre, soit 4,7 milliards de dollars par an, a calculé Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez Rexecode et auteur de l'étude.

Près de 40 % sur l'aluminium

En se fondant sur les dernières données douanières, l'institut de conjoncture, proche du patronat, entre dans le détail des « tariffs » américains selon les secteurs d'activité. Les produits à base de fonte, fer et acier ressortent comme les produits les plus taxés, avec des droits de douane effectifs proches de 40 %. L'aluminium et le cuivre sont, eux aussi, lourdement frappés avec un taux moyen aux alentours des 33 %.


Pour les cosmétiques et les vins et spiritueux, deux catégories de biens que la France exporte particulièrement aux Etats-Unis, les tarifs atteignent 14,7 %. Enfin, pour toute une série de produits qui vont des machines et pièces associées aux équipements électriques et électroniques, en passant par le caoutchouc, la plasturgie ou encore le textile et la maroquinerie, les « tariffs » oscillent entre 10 % à 15 %.

Cette remontée brutale des barrières douanières a été très pénalisante pour les exportations aux Etats-Unis des produits en question. Pour ceux à base de fer et d'acier, les ventes en valeur, outre-Atlantique, se sont effondrées de 65 % sur un an à fin octobre. Pour les vins et spiritueux, la chute a été de 41 %. Les cosmétiques ont quant à eux subi une baisse de 24 %.

Effets limités sur l'économie nationale

Si certains secteurs sont considérablement impactés, les nouveaux droits de douane américains ont en revanche, pour le moment, un effet relativement limité sur l'économie nationale. « Les exportations françaises ont modérément souffert », observe l'économiste Sylvain Bersinger.

A fin novembre 2025, sur un an, les ventes de la France aux Etats-Unis étaient en repli de 2 % seulement, à 47,6 milliards d'euros, sauvées par le rebond (+35 %) des exportations du secteur aéronautique. Avant que l'administration américaine ne relève ses « tariffs » sur les produits européens entrant sur son territoire, les exportations hexagonales outre-Atlantique augmentaient toutefois d'environ 3 milliards d'euros par an, rappelle l'expert.

« La guerre commerciale déclenchée par Donald Trump a fait baisser les ventes françaises vers les Etats-Unis d'environ 1 milliard d'euros l'an dernier. Elle a donc coûté à la France 4 milliards d'euros d'exportations soit l'équivalent de 0,1 point de PIB. Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas catastrophique non plus », dit-il.

La situation est toutefois loin d'être stabilisée. Pas plus tard que la semaine dernière, l'hôte de la Maison-Blanche menaçait la France de droits de douane supplémentaires en réponse à l'envoi de militaires au Groenland. Mais in fine, le président américain a fait marche arrière.

Pour l'instant, ce sont surtout les Etats-Unis qui paient la facture de la politique commerciale protectionniste menée par Donald Trump. Dans ses travaux, l'institut de Kiel estime que près de 96 % du surcoût lié à l'augmentation des tarifs serait absorbé par les importateurs et les consommateurs américains.

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