La décision dans le procès en appel de Marine Le Pen sera rendue le 7 juillet, a annoncé mercredi la présidente de la cour, à l'issue des dernières plaidoiries des avocats qui tentent d'arracher une relaxe ou, à défaut, une sanction mesurée contre celle qui joue une quatrième candidature à l'Élysée.
La date est désormais fixée. La décision dans le procès en appel de Marine Le Pen et du RN sera rendue le 7 juillet à 13 h 30, a indiqué, mercredi 11 février, la présidente de la cour, à l'issue des débats.
Le parquet général a requis cinq ans d'inéligibilité contre Marine Le Pen, qui joue une quatrième candidature à l'élection présidentielle.
"Plus (la décision était rendue) tôt, mieux je me portais", a-t-elle glissé à quelques journalistes à l'issue de l'audience.
Quelques minutes plus tôt, l'un de ses avocats, Me Rodolphe Bosselut, avait prévenu la cour d'appel de Paris : "La voilà à l'orée d'une élection primordiale pour le pays. (...) Mais cette élection présidentielle rend l'arrêt que vous aurez à rendre vertigineux".
En première instance, Marine Le Pen avait notamment été condamnée à deux ans de port de bracelet électronique et cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, qui l'empêche à ce stade d'être candidate à l'Élysée.
Marine Le Pen a d'ores et déjà indiqué qu'elle prendrait sa décision quant à une quatrième candidature dès l'annonce de la sentence d'appel, sans attendre quelque décision future de la Cour de cassation.
L'équation est simple : il lui faut n'être condamnée qu'à deux ans d'inéligibilité maximum et à un emprisonnement avec sursis.
Elle n'en est pas moins ardue : les réquisitions sont peu ou prou conformes au jugement de première instance... lequel était lui aussi quasi calqué sur les premières conclusions du parquet.
"Si un délit a été commis, je veux bien l'entendre"
Il lui est reproché, ainsi qu'au Rassemblement national (à l'époque le Front national) et dix autres cadres, d'avoir fait embaucher des assistants parlementaires pour les eurodéputés du parti, payés par des fonds européens, mais dont l'activité n'était qu'au seul bénéfice du mouvement à la flamme.
À l'ouverture des débats, Marine Le Pen avait semblé esquisser un début de mea culpa : "Si un délit a été commis, je veux bien l'entendre." Mais sans "intention", avait-elle ajouté.
Les trois pistes ont déjà été largement déblayées depuis la semaine dernière par les avocats des autres mis en cause, donnant aux plaidoyers de chacun des airs de répétition générale. Elles avaient par ailleurs déjà été exposées en première instance, sans succès.
"Je suis croyante... alors je crois aux miracles"
Ce qui n'a pas empêché Marine Le Pen de maintenir sa confiance envers Rodolphe Bosselut, rencontré il y a plus de 30 ans au hasard de permanences de garde à vue lorsque les deux étaient fraîchement diplômés de l'école d'avocat.
À défaut d'un réel changement de stratégie, ce deuxième procès s'est en tout cas déroulé dans une ambiance autrement plus apaisée, avec une présidente dont chacun a salué "l'écoute" : de quoi nourrir l'espoir, aussi mince soit-il, qu'une issue favorable est toujours possible.
"Je suis croyante... alors je crois aux miracles", avait plaisanté la semaine dernière Marine Le Pen.
Son visage a depuis trahi des sentiments plus graves, tant cette salle d'audience où s'est concentrée une histoire de l'extrême droite française – Bruno Gollnisch, Wallerand de Saint-Just et bien sûr l'évocation régulière de Jean-Marie Le Pen – pourrait devenir le tombeau des ambitions d'une vie.
Un député ami résume : "En cas de condamnation, elle a compris qu'il faudra bien s'y résoudre, même la mort dans l'âme." Un cadre du parti, pragmatique, complète : "Dans tous les cas, on fait campagne, on prépare le RN à accéder au pouvoir." Quitte à ce que ce soit avec Jordan Bardella.
Nous utilisons des cookies pour vous offrir la meilleure expérience sur notre site web. Lorsque vous utilisez notre site, vous êtes informé que nous utilisons des cookies et que vous pouvez modifier cette utilisation à tout moment. En savoir plus.