DÉCRYPTAGE - En appel, le parquet a requis l’inéligibilité de Marine Le Pen, mais sans exécution provisoire. Sur le papier, la triple candidate à la présidentielle peut espérer pouvoir se représenter une quatrième fois, mais l’hypothèse paraît à ce stade improbable.
Mardi 3 février, le parquet général a requis en appel cinq ans d’inéligibilité et quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis contre Marine Le Pen, dans l’affaire des assistants d’eurodéputés du Front national. Contrairement à la première instance, le ministère public n’a pas demandé l’exécution provisoire de l’inéligibilité. Marine Le Pen elle-même a déjà posé un jalon : si les juges suivent les réquisitions, probablement en juin ou en juillet, elle a répété ce mardi qu’elle serait «empêchée» de concourir, estimant ne pas pouvoir attendre sereinement une éventuelle décision de cassation à quelques mois du scrutin. La Cour de cassation, elle, s’est dit en mesure - si elle est saisie - de statuer d’ici fin 2026 ou début 2027, soit à très courte distance de la présidentielle.
Politiquement, le champ des possibles se réduit drastiquement pour Marine Le Pen, même s’il subsiste, sur le papier, trois scénarios théoriques - voire trois et demi, comme on le comprendra plus bas - dans…