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Les États-Unis sur la voie de l’« autoritarisme », prévient l’ONG Human Rights Watch

Source: Radio Canada
Un agent fédéral pointe son arme sur un manifestant après que des agents auraient tiré sur un manifestant lors d'une bagarre pour l'arrêter, le 24 janvier 2026, à Minneapolis, dans le Minnesota.  Photo : Getty Images / Brandon Bell
Un agent fédéral pointe son arme sur un manifestant après que des agents auraient tiré sur un manifestant lors d'une bagarre pour l'arrêter, le 24 janvier 2026, à Minneapolis, dans le Minnesota. Photo : Getty Images / Brandon Bell

L'ONG Human Rights Watch a averti mercredi que le président Donald Trump était en train de transformer les États-Unis en un État autoritaire. La démocratie et les droits de la personne sont attaqués de toute part.

Dans son rapport annuel, l'organisation de défense des droits de la personne Human Rights Watch (HRW), établie à New York, a estimé que le retour du milliardaire républicain à la Maison-Blanche avait intensifié une spirale descendante en matière de droits de la personne, déjà sous pression de la part de la Russie et de la Chine.

L'ordre international fondé sur des règles est en train de s'effondrer, s'est alarmé le groupe.

Aux États-Unis, HRW juge que Trump a fait preuve d'un mépris flagrant pour les droits de la personne et a commis des violations flagrantes.


Donald Trump.
Le président Donald Trump lors de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, le jeudi 22 janvier 2026. Photo : Associated Press / Markus Schreiber



Dans des descriptions consacrées aux États-Unis qui auraient été impensables dans les rapports annuels précédents, le groupe a, par exemple, mis en avant le déploiement d'agents masqués et armés de la police fédérale de l'immigration (ICE), qui ont mené des centaines de raids inutilement violents et abusifs, notamment à Minneapolis, dans le Minnesota.

La désignation de boucs émissaires sur une base raciale ou ethnique par l'administration [...], les actes de représailles répétés contre des ennemis politiques présumés, ainsi que les tentatives pour étendre les pouvoirs coercitifs de l'exécutif et neutraliser les freins et contrepoids démocratiques, soulignent un glissement assumé vers l'autoritarisme aux États-Unis, dit le rapport.

Human Rights Watch répète aussi ses conclusions selon lesquelles les États-Unis se sont rendus coupables de disparitions forcées — un crime au regard du droit international — en envoyant 252 migrants vénézuéliens dans une prison de haute sécurité au Salvador.

Mauvais sens

Pour l'organisation, la démocratie a reculé au niveau de 1985, quand l'Union soviétique existait encore.

La Russie et la Chine sont moins libres aujourd'hui qu'il y a 20 ans. Il en va de même pour les États-Unis, indique le rapport.

Avec la première année (du deuxième mandat) de Trump au pouvoir, l'histoire s'accélère dans le mauvais sens : tous les acquis, les progrès qui ont été réalisés de haute lutte pendant les dernières décennies sont aujourd'hui menacés, lance Philippe Bolopion, directeur général de HRW, dans un entretien avec l'AFP.

Pour HRW, la réponse doit venir d'une alliance nouvelle, une alliance stratégique de puissances moyennes, réunies autour d'un noyau commun de valeurs démocratiques et de respect du droit international, comme le Canada, les pays de l'Union européenne, le Royaume-Uni, le Japon, l'Afrique du Sud, le Brésil, la Corée du Sud ou encore l'Australie.

Le rapport de 529 pages tranche avec celui sur les droits de la personne publié récemment par le département d'État américain, qui a édulcoré les sections consacrées aux pays amis de Donald Trump, comme le Salvador.

Human Rights Watch précise que la violence des gangs a considérablement diminué dans ce pays, mais que les autorités ont commis en 2025 des violations généralisées, notamment des détentions arbitraires massives, des disparitions forcées, des actes de torture et des mauvais traitements à l'encontre de détenus, ainsi que des violations du droit à un procès équitable.

Concernant Israël, le groupe dénonce à nouveau des crimes contre l'humanité, des actes de génocide et de nettoyage ethnique à l'encontre des Palestiniens de Gaza.

De la fumée et des flammes s'élèvent du refuge de Gath, qui abrite des Palestiniens déplacés, après une frappe aérienne israélienne à l'ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2026.
De la fumée et des flammes s'élèvent du refuge de Gath, qui abrite des Palestiniens déplacés, après une frappe aérienne israélienne à l'ouest de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 janvier 2026. Photo : Getty Images / BASHAR TALEB


Selon lui, les autorités israéliennes ont intensifié leurs atrocités en 2025, notamment en tuant, mutilant, affamant et déplaçant de force des Palestiniens et en détruisant leurs maisons, leurs écoles et leurs infrastructures à une échelle sans précédent dans l'histoire récente d'Israël et de la Palestine.

Israël, avec le soutien de Washington, avait rejeté avec colère l'accusation de génocide formulée pour la première fois par Human Rights Watch en décembre 2024.

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