Désigné par la Maison Blanche pour succéder à Jerome Powell à la tête de la banque centrale des Etats-Unis, Kevin Warsh a promis d’agir en toute indépendance s’il est confirmé par le Sénat, ce qui est encore loin d’être acquis.
Par Nicolas Chapuis
La nomination de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale (Fed) se jouait, mardi 21 avril, beaucoup au Sénat et un peu à la Maison Blanche. Le candidat de Donald Trump faisait face aux élus de la commission bancaire pour son audience de confirmation à la tête de l’institution financière, en remplacement de Jerome Powell, dont le mandat prend fin mi-mai. S’il a été pris à partie par les démocrates, son ambition est surtout contrariée à ce stade par un différend dans les rangs républicains, au sein desquels un sénateur en particulier a fait vœu de défendre la Fed contre les pressions du président des Etats-Unis.
Kevin Warsh avait trois messages à faire passer à une commission dirigée par des républicains, qui ne tarissent pas d’éloges sur lui par ailleurs. Premièrement, « l’indépendance de la politique monétaire est essentielle » et « elle n’est pas menacée » par Donald Trump. Ensuite, la Fed est trop sortie de son couloir ces dernières années pour se mêler de politique en général, alors que son double mandat porte sur le maintien de la stabilité des prix et la recherche du plein-emploi. Enfin, l’institution a failli à sa mission en laissant s’installer une inflation hors de contrôle dans la foulée de la pandémie de Covid-19, une critique acerbe du bilan de Jerome Powell.
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