Donald Trump teste presque chaque jour les limites de son autorité. Si la résistance des contre-pouvoirs est faible, elle n’a pas totalement disparu.
Enlever un président étranger, user des droits de douane comme d’une arme, licencier pléthore de fonctionnaires, se laisser offrir un avion par le Qatar… Un président des Etats-Unis peut-il vraiment faire ça ? Si la question n’est pas nouvelle – elle était même devenue le titre d’un podcast du Washington Post lors du premier mandat de Donald Trump (2017-2021) –, elle se pose avec une acuité particulière depuis son retour au pouvoir, le 20 janvier 2025.
Le dirigeant républicain piétine-t-il vraiment le droit ? Tous les contre-pouvoirs de la démocratie américaine ont-ils disparu ? Pour le savoir, Les Décodeurs ont décortiqué, à l’aune du droit, plusieurs épisodes-clés de cette première année de mandat menée à un rythme étourdissant.
L’instrumentalisation de l’urgence
Donald Trump défend et pratique une version maximaliste du pouvoir exécutif, faisant fi des obstacles et des freins institutionnels. « C’est un style de présidence impériale qu’il n’est pas le premier à embrasser : elle traverse l’histoire des Etats-Unis depuis [Franklin Delano] Roosevelt, observe le politologue Lauric Henneton. Mais elle était jusqu’alors uniquement déployée en temps de guerre. » C’est ainsi qu’a été pensée la théorie de l’exécutif unitaire, une doctrine ancienne ayant pris toute son ampleur sous George W. Bush (2001-2009), qui dispose que le président détient un contrôle absolu sur l’exécutif. La spécificité de M. Trump est qu’il justifie nombre de ses décisions par des situations d’urgence ou de gravité – toutes relatives, cependant, comparées à celles invoquées par Roosevelt en pleine seconde guerre mondiale.
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