Le président américain Donald Trump a proposé Kevin Warsh, un banquier de 55 ans, pour succéder à Jerome Powell comme président de la Réserve fédérale américaine (Fed) sur son réseau Truth Social vendredi.
Je connais Kevin depuis longtemps et je n'ai aucun doute qu'il restera dans l'histoire comme l'un des grands présidents de la Fed, peut-être le meilleur, a écrit Donald Trump. Par-dessus tout, il a tout du premier rôle, et il ne vous laissera jamais tomber. Félicitations Kevin!
Le mandat de M. Powell, marqué par les tentatives répétées du président Trump de s'ingérer dans les politiques de la Fed, se termine en mai.
La nomination de Kevin Warsh, qui avait aussi été approché pour ce poste en 2017 et avait aussi siégé au conseil des gouverneurs de la Fed de 2006 à 2011, devra être confirmée par le Sénat américain avant d'être officialisée.
C'est Donald Trump qui avait appuyé M. Powell en 2018, choix qu'il a maintes fois dit regretter amèrement. M. Trump espère maintenant que ce successeur sera plus aligné sur sa vision de la politique monétaire des États-Unis, et le choix du président laisse à nouveau planer un doute sur l'indépendance de l'institution fédérale.
Le successeur de M. Powell a pourtant reçu une réputation de faucon, c'est-à-dire d'un économiste qui prône la lutte contre l'inflation en faisant preuve de retenue lorsque vient le temps de baisser les taux.
Néanmoins, le spécialiste de l'économie américaine Samuel Tombs, du cabinet Pantheon Macroeconomics, conseille de ne pas tirer de conclusions hâtives quant aux effets de cette nomination sur la politique monétaire des États-Unis.
On ne sait pas avec certitude comment M. Warsh votera, souligne-t-il.
Il est raisonnable de supposer qu'il a dit au président qu'il était favorable à une baisse des taux d'intérêt aujourd'hui, sinon il n'aurait pas été nommé. [...] Mais les instincts faucons de M. Warsh pourraient refaire surface une fois qu'il aura obtenu la présidence.
Une citation deSamuel Tombs, spécialiste de l'économie américaine
Les marchés financiers ont réagi avec modération à cette nomination : les métaux précieux, valeurs refuges, ont reculé, tandis que le dollar a perdu une partie de ses gains antérieurs. Pour leur part, les rendements des bons du Trésor américain ont augmenté et les contrats à terme sur actions laissaient présager une ouverture en baisse à Wall Street.
Menaces de poursuites
Jerome Powell est la cible de menaces de poursuites criminelles brandies par le département américain de la Justice depuis la mi-janvier, ce qui a provoqué une levée de boucliers chez plusieurs responsables économiques, dont des républicains, le lendemain.
M. Powell avait dénoncé un prétexte et une conséquence de la volonté de la Fed de décider de ses taux dans l'intérêt principal du public plutôt que pour répondre aux préférences du président.
Le président a de nouveau martelé jeudi que les taux étaient trop élevés, intolérablement trop élevés.