English Français
Israel & Palestine 5 min de lecture

Nétanyahou dit avoir ordonné à l’armée israélienne de prendre 70 % de la bande de Gaza

Source: Radio Canada
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. (Photo d'archives)  Photo : Getty Images / Ilia Yefimovich (AFP)
Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / Ilia Yefimovich (AFP)

Agence France-Presse

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a déclaré jeudi avoir donné l'ordre à l'armée israélienne de faire fi des termes du cessez-le-feu entré en vigueur en octobre et de prendre le contrôle de 70 % de la bande de Gaza, selon une vidéo diffusée par une télévision israélienne.

En ce moment, nous tenons le [mouvement islamiste palestinien] Hamas à la gorge. Nous contrôlons maintenant 60 % du territoire de la bande de Gaza, a déclaré M. Nétanyahou lors d'une conférence dans une colonie israélienne de Cisjordanie occupée dont la chaîne 12 a diffusé un extrait sur son site.

Vous savez, enchaîne-t-il, nous étions à 50 [après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu], nous sommes passés à 60, ma directive est de passer à... 100, clame alors l'assistance.

Dans l'ordre. D'abord 70. Commençons par ça, reprend M. Nétanyahou, nous les tenons de tous les côtés... Nous nous occuperons du reste plus tard.

Ces déclarations interviennent alors que Gaza reste le théâtre de violences quotidiennes, les frappes israéliennes s'y poursuivant sans répit alors qu'Israël et le Hamas s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu.

La trêve est entrée en vigueur sous la pression des États-Unis le 10 octobre, deux ans après la guerre déclenchée le 7 octobre 2023 par l'attaque sans précédent du Hamas sur Israël.

La première phase du cessez-le-feu a permis la libération des derniers otages de Gaza enlevés par le Hamas, en échange de Palestiniens détenus par Israël. Mais le passage à la deuxième phase, devant se traduire par le désarmement du Hamas et un retrait progressif de l'armée israélienne, apparaît complètement bloqué depuis des semaines.

Aux termes du cessez-le-feu, les forces israéliennes devaient se replier derrière une ligne jaune, nom donné à la ligne de démarcation entre la zone sous contrôle du Hamas et celle tenue par l'armée israélienne qui donnait à cette dernière le contrôle d'un peu plus de 50 % du petit territoire.

Mais M. Nétanyahou avait annoncé le 15 mai que l'armée avait élargi son emprise sur la bande de Gaza. Certains nous disaient de partir, nous ne sommes pas partis et aujourd'hui, nous contrôlons 60 % du territoire. Demain, nous verrons, avait-il dit.

Plus de deux millions de Palestiniens de Gaza s'entassent désormais dans la zone de Gaza encore sous le contrôle du Hamas, où la situation humanitaire reste catastrophique selon le cri d'alarme lancé le 22 mai à l'ONU par trois ONG internationales d'aide de premier plan, accusant Israël de ne pas respecter ses obligations.

Israël suspend ses relations avec le secrétaire général de l'ONU

Parallèlement, l'ambassadeur israélien à l'ONU a annoncé jeudi la suspension des relations avec le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, dénonçant ainsi la décision pas encore publique d'inscrire Israël sur la liste noire liée aux violences sexuelles lors des conflits.

Nous en avons fini avec ce secrétaire général, a déclaré Danny Danon dans un message vidéo publié sur X. La mission israélienne a précisé que cela signifiait le gel de ses relations avec le bureau du secrétaire général jusqu'à la fin du mandat d'Antonio Guterres le 31 décembre 2026.


Antonio Guterres prend la parole au siège des Nations unies.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, le 27 avril 2026. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / ANGELA WEISS / AFP

La décision de mettre Israël sur la liste noire et nous accuser d'utiliser les violences sexuelles comme arme de guerre est scandaleuse, a martelé l'ambassadeur, accusant le secrétaire général de mettre au même niveau le Hamas et Israël.

Danny Danon fait référence à un rapport du secrétaire général sur les violences sexuelles liées aux conflits, qui n'a pas encore été rendu public mais qui est toujours présenté avant publication aux États concernés.

En août dernier, le rapport annuel avait prévenu qu'Israël pourrait être ajouté à la liste des parties suspectées ou responsables de violences sexuelles en situation de conflits armés, liste où se trouve déjà le Hamas.

L'ONU avait alors évoqué des informations crédibles de violences sexuelles commises par les forces de sécurité israéliennes contre des détenus palestiniens dans des prisons et autres centres de détention, mettant en avant un refus d'accès des inspecteurs de l'ONU.

Nous avons invité les représentants de l'ONU à venir en Israël inspecter ces accusations ridicules, ils ont choisi de ne pas venir, ils ont choisi de continuer avec la campagne contre Israël.

Une citation deDanny Danon, ambassadeur israélien à l'ONU


Les relations entre l'ONU et Israël – État créé par une résolution des Nations unies votée en 1947 – sont notoirement difficiles et au plus bas depuis le 7 octobre 2023.

Les autorités israéliennes reprochent en particulier au secrétaire général et à d'autres responsables onusiens d'avoir sévèrement critiqué les représailles israéliennes à Gaza. Antonio Guterres avait été déclaré persona non grata en Israël en 2024.

Publicité
Vous n'avez pas utilisé le site Web, Cliquer ici pour maintenir votre état de connexion. Temps d'attente: 60 Secondes