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Moyen Orient 5 min de lecture

Les Houthis réitèrent leurs menaces contre les aéroports saoudiens

Source: Radio Canada
Ces menaces interviennent au lendemain d’une attaque, qui a fait 12 morts à l'aéroport de Riyad.  Photo : Associated Press
Ces menaces interviennent au lendemain d’une attaque, qui a fait 12 morts à l'aéroport de Riyad. Photo : Associated Press

Agence France-Presse

Les Houthis pro-iraniens du Yémen ont renouvelé dimanche leur menace de frapper les aéroports et l'espace aérien saoudien, au lendemain d'une attaque contre l'aéroport de Riyad qui a fait 12 morts, la plus meurtrière en dix ans dans le Royaume.

L'ampleur et la fréquence des attaques visant Riyad ces derniers jours sont inédites depuis 2014 et le début de la guerre au Yémen opposant les Houthis aux forces gouvernementales yéménites, qui avaient reçu le soutien militaire d'une coalition conduite par l'Arabie saoudite un an plus tard.

Des personnes se rassemblent devant une station de métro à Riyad après une attaque contre l'aéroport de la capitale saoudienne.
Des personnes se rassemblent devant une station de métro sur la route menant à l'aéroport international King Khalid, à Riyad. Photo : Associated Press

Sans revendiquer la frappe de samedi, les Houthis ont renouvelé dimanche leur avertissement aux voyageurs, employés et compagnies aériennes de ne pas utiliser l'espace aérien saoudien et les aéroports, à l'exception de ceux des villes saintes de La Mecque et Médine.

Ils sont exposés aux frappes et constituent un théâtre d'opérations de la part de nos forces, a affirmé sur X Yahya Saree, leur porte-parole militaire.

Les combattants pro-iraniens qui n'ont pas revendiqué la frappe de samedi, avaient déjà revendiqué mercredi et jeudi des frappes contre l'aéroport de Riyad, ayant fait au total six morts.

La coalition militaire menée par le royaume leur a imputé la frappe de samedi, dénonçant un crime de guerre auquel elle répondra avec fermeté. Une source diplomatique l'a également attribuée à un missile houthi.

Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière dans le royaume depuis août 2015, quand un attentat suicide du groupe armé État islamique (EI) avait fait 15 morts dans une mosquée au quartier général des forces spéciales à Abha, dans le sud du royaume.

Les condamnations internationales de cette frappe sur une infrastructure civile ont afflué. Ce qui s'est passé [...] n'est pas acceptable, a réagi Donald Trump samedi, indiquant qu'il allait examiner une possible participation américaine aux opérations militaires contre les Houthis, et s'entretiendrait avec le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume.

Les États-Unis n'avaient jusque là pas donné suite à plusieurs demandes saoudiennes de soutien.

L'aéroport toujours à l'arrêt

Une tour de contrôle aérien à l'aéroport international King Khalid de Riyad, le 19 septembre 2026.
Une tour de contrôle aérien à l'aéroport international King Khalid de Riyad, le 19 septembre 2026. Photo : Getty Images

L'autorité de l'aviation civile saoudienne a recensé 12 personnes tuées, et 309 blessées samedi à l'aéroport international King Khalid, mais le bilan pourrait être plus lourd, incluant notamment d'autres blessés légers, a indiqué à l'AFP un diplomate occidental basé à Riyad.

Quatre ressortissants saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais, figurent parmi les morts, a précisé l'aviation civile.

J'ai vu des blessés. Tout le monde courait, a relaté à l'AFP un passager, qui attendait un vol tout près du terminal touché.

Dans la soirée de samedi, la coalition a aussi rapporté la chute d'un projectile près de l'aéroport de Dammam, dans l'est du royaume.

Après l'annonce de sa fermeture samedi soir, l'aéroport de la capitale saoudienne restera à l'arrêt dimanche, ont confirmé deux sources du secteur aérien à l'AFP.

Les opérations sont suspendues jusqu'à nouvel ordre, a déclaré une de ces sources, précisant que certains systèmes ont été endommagés – le radar et les équipements de communication et que l'état des pistes de l'aéroport devait également être évalué.

Une résidente française à Riyad, dont le vol a été annulé, a indiqué dimanche à l'AFP qu'elle se rendrait en voiture à Doha, au Qatar, pour prendre l'avion.

L'ambassade saoudienne au Koweït affrétera elle des bus pour rapatrier lundi les ressortissants saoudiens bloqués dans le petit émirat.

Plusieurs ambassades étrangères ont recommandé à leurs employés de l'éviter pendant une semaine, a indiqué un diplomate occidental à l'AFP.

Et l'ambassade américaine a étendu aux aéroports de Dammam et Jeddah des restrictions d'accès déjà imposées à son personnel pour celui de Riyad.

Le royaume doit accueillir ce mois-ci une série de grandes conférences internationales attirant dirigeants étrangers et personnalités du monde des affaires.

Plusieurs entreprises du centre d’affaires de Riyad ont mis dimanche leur personnel en télétravail, selon de nombreux employés, et les écoles de la capitale sont passées au distanciel pour la semaine.

Escalade dangereuse

Un important panache de fumée noire s’élève de la zone de stockage de carburant de l’aéroport international King Khalid, à Riyad, en Arabie saoudite, le 19 septembre 2026.
L'aéroport de Riyad est attaqué fréquemment récemment. Cette photo a été prise lors d'une attaque les 19 septembre dernier. Photo : Reuters / Stringer

L'ONU, Paris, Londres, Berlin, Doha, Amman, Bagdad et Islamabad ont condamné l'attaque de l'aéroport, qualifiée d'escalade dangereuse par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Malgré des différends diplomatiques, notamment au Yémen, les Émirats arabes unis ont exprimé leur solidarité envers le royaume et leur soutien à toutes les mesures visant à préserver sa sécurité.

Sur le terrain yéménite, les hostilités se poursuivent après l'offensive éclair lancée en septembre par les Houthis qui ont pris le contrôle sur la mer Rouge du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, déclenchant une contre-offensive gouvernementale.

Des bateaux au large des côtes du Yémen.
Des bateaux naviguent au large des côtes du Yémen, là où le détroit de Bab el-Mandeb relie la mer Rouge et la mer d'Oman. Photo : Reuters

Les Houthis ont rapporté dimanche deux frappes saoudiennes sur le gouvernorat de la capitale, Sanaa, tenue par le mouvement.

Des sources militaires du camp gouvernemental ont indiqué samedi à l'AFP que les forces yéménites avaient progressé autour du détroit, sans parvenir à le sécuriser.

Un responsable houthi a assuré que le mouvement tenait toujours l'île de Mayyoun, au cœur du passage maritime qui a gagné en importance depuis que Téhéran restreint la navigation dans celui d'Ormuz, de l'autre côté de la péninsule arabique.

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