L'aéroport de la capitale saoudienne a fait l'objet samedi d'une attaque imputée aux combattants pro-iraniens houthis. De dizaines de blessés, dont certains très graves, sont à déplorer.
La situation s'est une nouvelle fois tendue ce samedi dans la capitale de l'Arabie saoudite. L'aéroport de la capitale saoudienne, Riyad, a fait l'objet d'une attaque imputée aux combattants pro-iraniens houthis, qui a fait, selon des sources médicales et diplomatiques, des dizaines de blessés dont certains très graves. Fait rare, les médecins ont été appelés d'urgence à se rendre dans les hôpitaux de la capitale saoudienne pour soigner les blessés.
L'attaque a fait « un certain nombre de blessés », dont le décompte est en cours, a indiqué l'autorité saoudienne de l'aviation civile dans un communiqué, précisant que les opérations ont été temporairement suspendues dans l'attente de l'évaluation des dégâts et de la vérification de la sécurité des installations. L'autorité n'a pas précisé l'origine de l'attaque. Les combattants du Yémen n'ont pas revendiqué la frappe.
Aéroport déconseillé pour les ressortissants étrangers
L'Allemagne, le Canada et l'Espagne ont aussitôt recommandé à leurs ressortissants de ne pas transiter par l'aéroport. « La mission américaine a connaissance d'attaques contre l'aéroport international du roi Khaled à Ryad le 10 octobre et recommande vivement à tous les citoyens américains d'éviter cet aéroport et ses environs », a indiqué l'ambassade américaine. Plusieurs ambassades ont également déconseillé à leurs personnels de prendre le chemin de l'aéroport pendant une semaine.
L'aéroport de Riyad, déjà pris pour cible par les Houthis, a été visé à deux reprises la semaine passée lors d'attaques qui ont fait quatre morts et plusieurs blessés, endommageant également un avion de la compagnie Saudia. Vendredi, la France avait déjà déconseillé à ses ressortissants d'y transiter « sauf raison impérative ».
Cependant, l'ampleur et la fréquence des attaques visant Riyad ces derniers jours sont sans précédent depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, il y a huit mois, quand l'Iran avait mené des frappes contre le royaume en riposte aux frappes israélo-américaines de fin février contre Téhéran.
Attaques sans précédent
Ces dernières attaques surviennent alors que l'Arabie saoudite apporte son soutien militaire aux forces gouvernementales yéménites qui combattent les Houthis au Yémen. Ces dernières tentent de reprendre des territoires dont les Houthis se sont emparés depuis septembre, dont le littoral sur la mer Rouge, à l'issue d'une offensive éclair.
En début de semaine, le conflit s'était durci. Dimanche dernier, les combattants du Yémen ont affirmé avoir visé des sites du géant pétrolier Aramco à Riyad et dans la région pétrolière de Khurais, à l'est du royaume. Lundi, l'Arabie saoudite a, en riposte, envoyé 100 avions de combat au Yémen contre les Houthis.
Ce samedi, avant l'attaque de l'aéroport de Riyad, la coalition dirigée par l'Arabie saoudite avait annoncé mener une « opération à grande échelle » contre les Houthis. Selon un bilan dressé par les sources militaires du camp gouvernemental auprès de l'AFP, les forces yéménites auraient progressé face dans la zone du détroit de Bab el-Mandeb, sans toutefois parvenir à sécuriser cette voie maritime stratégique.