La Presse canadienne
L'Iran a tiré sur des pays alliés des États-Unis dans le Golfe, tôt mercredi, à la suite d’une nuit de bombardements américains au cours de laquelle une frappe a notamment visé une fête de mariage.
Bahreïn, qui abrite une importante base navale américaine, a signalé que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté des tirs en provenance d’Iran mercredi matin, accusant Téhéran de mener des attaques visant des civils.
Mercredi également, le centre de communication du gouvernement du Koweït a indiqué qu’un incendie s’était déclaré dans un complexe résidentiel de la capitale après qu’il eut été touché par un drone iranien à l’aube. L’incendie a été maîtrisé et il n’y a pas eu de victimes.
En Irak, où opèrent des forces mandataires soutenues par l’Iran, la Direction de la lutte contre le terrorisme du Kurdistan a affirmé avoir intercepté 10 drones chargés d’explosifs dans la région d’Erbil. La télévision iranienne a rapporté que des bases américaines à Erbil avaient été prises pour cible.
Pour sa part, l'armée israélienne a annoncé que le Hezbollah, soutenu par l'Iran, avait tiré deux drones explosifs sur ses soldats dans le sud du Liban, mais qu'il n'y avait pas eu de victimes.
L’Iran avait aussi tiré des missiles sur la Jordanie et des drones sur le Koweït, mardi soir, qui ont tous été interceptés. Lundi, les Émirats arabes unis avaient dit avoir intercepté un drone iranien au-dessus de leurs eaux territoriales.
Fin de l'accalmie
Les hostilités ont repris après une accalmie d’un mois dans les combats entre les États-Unis et l’Iran, ce qui a soulevé de nouvelles questions sur la manière de mettre fin à cette guerre aux nombreux impacts.
Les combats se sont intensifiés depuis la fin de semaine, après que l’armée américaine a frappé des lance-roquettes iraniens situés sur une île du détroit d’Ormuz, affirmant que l’Iran prévoyait de les utiliser pour placer des mines dans la voie navigable.
Selon les médias iraniens, une frappe américaine a touché mardi une maison où se déroulait un mariage. Au moins cinq personnes ont été tuées, dont un enfant, et au moins 68 autres ont été blessées, ont indiqué les autorités iraniennes.
Ne vous y trompez pas : ces crimes ne resteront pas impunis, a prévenu Ebrahim Azizi, président de la commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement iranien, sur X. L’armée américaine a dit avoir pris connaissance de cette information, mais a affirmé qu’elle ne vise jamais les civils.
Le Commandement central américain a fait valoir que les frappes de mardi visaient principalement des cibles militaires iraniennes, notamment des sites de défense aérienne, des systèmes radars et des moyens maritimes.
Trump s'explique
Depuis la reprise des combats, le prix du Brent, la référence internationale, a dépassé les 95 $ US le baril, soit une hausse de plus de 30 % depuis le début de la guerre.
En lançant ses dernières attaques, le Commandement central américain a déclaré qu’il réagissait aux tentatives de Téhéran de frapper des navires commerciaux et les troupes américaines au Moyen-Orient.
Le président américain, Donald Trump, a apporté une explication supplémentaire, lors d'une conversation téléphonique avec Fox News.
Selon lui, les forces américaines frappaient des systèmes radars que l’Iran tentait de reconstruire. Nous avons attendu qu’il soit presque terminé, puis nous l’avons frappé, a-t-il expliqué.
Mardi soir, M. Trump a souligné qu’il ne forcerait pas l’Iran à s’asseoir à la table des négociations. Je me fiche complètement qu’ils signent un accord sans valeur, à leurs yeux. Je préfère de loin notre position actuelle, avec un contrôle quasi total du détroit d’Ormuz et leur économie en plein effondrement. Ils ne font que subir l’inévitable. Quand le peuple iranien va-t-il se soulever et se battre? a écrit M. Trump sur les réseaux sociaux.
Auparavant, M. Trump semblait s’être orienté vers une stratégie visant à plier l’Iran à sa volonté par le biais de sanctions économiques. Il a averti que, si l’Iran ripostait aux nouvelles frappes, il serait à nouveau frappé, mais de manière bien plus dure et à un niveau bien plus élevé.