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Etats-Unis - Venezuela : les principales interventions de Washington en Amérique latine depuis la guerre froide

Source: Le Monde
Des Cubains et des Américains pro et anti-Castro s’affrontent lors de manifestations, pendant l’invasion de la baie des Cochons, à New York, le 19 avril 1961. - / AFP
Des Cubains et des Américains pro et anti-Castro s’affrontent lors de manifestations, pendant l’invasion de la baie des Cochons, à New York, le 19 avril 1961. - / AFP

Bien avant l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, les Américains ont mené plusieurs opérations, directes ou indirectes, dans le sous-continent pour renverser ou soutenir les pouvoirs en place.

Le Monde avec AFP

Les Etats-Unis, qui ont annoncé samedi 3 janvier avoir lancé une attaque de grande envergure contre le Venezuela, ont une longue histoire d’interventions militaires et de soutien à des dictatures en Amérique latine. A plusieurs reprises, le défunt président vénézuélien Hugo Chavez, puis son successeur, Nicolas Maduro, ont accusé Washington de soutenir des tentatives de coup d’Etat, dont celle qui a écarté M. Chavez du pouvoir pendant deux jours en 2002.

Voici les principales interventions américaines en Amérique latine depuis la guerre froide :

  • 1954 : Guatemala

Le 27 juin 1954, le colonel Jacobo Arbenz Guzman, président du Guatemala, est chassé du pouvoir par des mercenaires entraînés et financés par Washington, après une réforme agraire menaçant les intérêts de la puissante société américaine United Fruit Corporation (future Chiquita Brands). Les Etats-Unis ont inclus en 2003 dans leur histoire officielle le rôle de la CIA dans ce coup d’Etat, au nom de la lutte contre le communisme.

  • 1961 : Cuba

Du 15 au 19 avril 1961, 1 400 anticastristes entraînés et financés par la CIA tentent de débarquer dans la baie des Cochons, à 250 kilomètres de La Havane, sans réussir à renverser le régime communiste de Fidel Castro. Les combats font une centaine de morts dans chaque camp.

  • 1965 : République dominicaine

En 1965, au nom du danger communiste, les Etats-Unis envoient des marines et des parachutistes à Saint-Domingue pour étouffer un soulèvement en faveur de Juan Bosch, président de gauche renversé par des généraux en 1963.

  • Soutien aux dictatures du Cône Sud

Washington a soutenu plusieurs dictatures militaires, considérées comme un rempart face à des mouvements de gauche. Ils ont activement aidé le dictateur chilien Augusto Pinochet lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973 contre le président de gauche Salvador Allende.

Le secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger a soutenu la junte argentine en 1976, l’encourageant à terminer rapidement sa « sale guerre », selon des documents américains déclassifiés en 2003. Au moins 10 000 opposants argentins ont disparu.

Dans les années 1970-1980, six dictatures (Argentine, Chili, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil) se sont alliées pour éliminer des opposants de gauche dans le cadre de l’opération « Condor », avec un soutien tacite américain.

  • Nicaragua, Salvador : guerres civiles en Amérique centrale dans les années 1980

En 1979, la rébellion sandiniste au Nicaragua renverse le dictateur Anastasio Somoza au Nicaragua. Le président américain, Ronald Reagan, inquiet de l’alignement de Managua sur Cuba et l’URSS, autorise secrètement la CIA à apporter une aide de 20 millions de dollars aux Contras, les contre-révolutionnaires nicaraguayens, financée partiellement par la vente illégale d’armes à l’Iran. La guerre civile nicaraguayenne, terminée en avril 1990, fera 50 000 morts.

Ronald Reagan a également envoyé des conseillers militaires au Salvador pour étouffer la rébellion du Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN, extrême gauche) dans le cadre d’une guerre civile (1980-1992) qui a fait 72 000 morts.

  • Ile de Grenade, Panama : interventions directes et formation militaire

Le 25 octobre 1983, des marines et des rangers interviennent sur l’île de Grenade après l’assassinat du premier ministre, Maurice Bishop, par une junte d’extrême gauche et alors que les Cubains agrandissent l’aéroport, pour y accueillir sans doute des avions militaires. Ronald Reagan lance, à la demande de l’Organisation des Etats de la Caraïbe orientale (OECS), l’opération « Urgent Fury » pour protéger un millier de citoyens américains. L’opération, réussie selon Reagan et largement déplorée par l’Assemblée générale de l’ONU, se termine le 3 novembre, avec plus d’une centaine de morts.

En 1989, après une élection contestée, le président George Bush décide d’une intervention militaire au Panama, aboutissant à la reddition du général Manuel Noriega, ancien collaborateur des services secrets américains, poursuivi par la justice américaine. Quelque 27 000 soldats participent à l’opération « Just Cause », qui a fait officiellement 500 morts – mais plusieurs milliers selon des ONG. Manuel Noriega sera emprisonné plus de deux décennies aux Etats-Unis pour trafic de drogue, avant de purger d’autres peines en France puis au Panama.

C’est au Panama qu’avait été fondée en 1946 l’Ecole des Amériques, centre de formation militaire spécialisé dans le combat contre le communisme, contrôlé jusqu’en 1984 par les Etats-Unis, où ont été formés nombre de dictateurs.

Le Monde avec AFP

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