ENTRETIEN - Les frappes américaines et la capture de Nicolás Maduro, inouïes dans l’histoire récente, réaffirment la doctrine Monroe et l’impérialisme américain sur le continent, analyse Jean-Louis Martin, chercheur associé à l’IFRI.
Par Jeanne Durieux
Jean-Louis Martin est chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (IFRI) pour l’Amérique latine.
LE FIGARO - La capitale du Venezuela, Caracas, a été cette nuit la cible de frappes américaines. Tôt ce matin, Donald Trump a annoncé la capture et l’exfiltration du dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse. Dans quel contexte cette frappe s’inscrit-elle ?
Jean-Louis MARTIN. - Il faut évidemment rester prudent sur ces annonces, mais si cet enlèvement a bien eu lieu, il a forcément nécessité une intervention sur le sol vénézuélien des troupes américaines, ce qui va bien plus loin dans l’escalade que ce qu’on imaginait encore il y a quelques semaines.
Jusqu’à présent, Donald Trump justifiait les attaques verbales, puis les frappes ciblées sur les bateaux vénézuéliens par la lutte qu’il comptait mener sans merci contre le trafic des stupéfiants inondant les États-Unis, alors que Washington accuse le Venezuela d’y tenir un rôle prépondérant. Le locataire…