« Meloni, quatre années au pouvoir » (1/6). La présidente du conseil affiche le plus long mandat d’un chef de l’exécutif de l’histoire de la République italienne. « Le Monde » raconte en six épisodes comment, sans rien renier de ses convictions, la dirigeante d’extrême droite s’est imposée, à la fois dans son pays et au sein de l’UE.
Par Allan Kaval
En politique italienne, tout commence et tout finit avec le tintement d’une clochette d’argent. Le rituel républicain requiert que le président du conseil sortant la remette à son successeur, pour qu’il la fasse sonner. Le 23 octobre 2022, dans la salle des Galions du palais Chigi, à Rome, un homme – pour la première fois de l’histoire – l’a tendue à une femme. Un banquier d’affaires l’a confiée à une ex-militante néofasciste. Un pur produit de l’élite libérale occidentale, Mario Draghi, ancien gouverneur de la Banque centrale européenne, l’a remise à une dirigeante venue de l’un des partis hostiles au projet européen qui avaient prospéré au cours de la décennie précédente.
Après dix secondes que Giorgia Meloni a passées à agiter la clochette d’argent, le visage étiré par un sourire immobile, le relais était transmis. Et la cheffe de Fratelli d’Italia, le petit parti héritier du régime de Benito Mussolini, qui a su se réinventer, est devenue, à 45 ans, présidente du conseil.
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