Des torrents d'eau boueuse ont frappé, vers 8 h 30 heure locale mercredi, les vallées frontalières entre le Népal et le Tibet. Au Népal, la crue a touché notamment Syabrubesi, point de départ du trek du Langtang, ainsi que d'autres secteurs fréquentés par les voyageurs et les pèlerins en route vers Kailash Mansarovar, l'un des grands itinéraires religieux de l'Himalaya.
Interrogée par l'AFP, la police népalaise a fait état d'au moins 160 morts mercredi selon un dernier bilan. 157 corps ont été retrouvés. Des images diffusées par la police montrent une vague de boue traversant une vallée himalayenne et emportant habitations, camions et infrastructures.
Centaine de disparus
Selon un premier recensement de l'Office national du tourisme népalais, 384 touristes sont portés disparus dans les zones touchées. Parmi eux figurent 105 Indiens, 93 Népalais, 3 Américains et 12 Britanniques, a indiqué dans un premier temps l'office du tourisme népalais. Quelque 403 touristes, dont 341 étrangers - étaient portés disparus plusieurs heures après la catastrophe, selon le ministère de la Culture et du Tourisme. De nombreux ressortissants indiens se trouvaient dans la région pour le pèlerinage du Kailash Manasarovar.
La catastrophe s'est propagée de l'autre côté de la frontière chinoise jusqu'au comté de Gyirong, au Tibet, principal point de passage terrestre entre la Chine et le Népal dans cette zone. Les autorités chinoises annoncent quant à elles au moins trois morts et 265 disparus.
Le président chinois Xi Jinping a ordonné un effort de secours total. Selon un communiqué officiel, il a demandé de mobiliser tous les moyens pour retrouver les disparus, évacuer les habitants menacés et limiter le nombre de victimes.
Secours mobilisés
L'armée népalaise a annoncé le déploiement d'hommes et d'hélicoptères. Le Premier ministre népalais Balendra Shah a convoqué une réunion d'urgence avec les services de secours, les équipes médicales et la Croix-Rouge. Les hélicoptères de secours népalais devraient pouvoir atterrir dans les zones touchées une fois les eaux retirées, a précisé le porte-parole de l'armée, Raja Ram Basnet.
De son côté, le Premier ministre indien Narendra Modi a rapidement réagi sur le réseau X : « L'Inde est prête à fournir toute l'assistance humanitaire possible au Népal, nos équipes coordonnent étroitement les efforts de secours. »
Les inondations et glissements de terrain sont fréquents pendant la mousson d'été, de juin à septembre, au Népal comme dans l'ensemble de l'Asie du Sud. En juillet 2025, 17 personnes avaient déjà disparu après un glissement de terrain près de Gyirong.
Les scientifiques soulignent que le changement climatique accroît l'intensité et la fréquence de ces événements extrêmes. Dans cette région de haute montagne, la combinaison de pluies violentes, d'un relief instable et d'infrastructures exposées, augmente fortement le risque humain et logistique.