La répression au sein de l’armée a été telle que le capitaine putschiste semblait y avoir éteint toute résistance. Mais la dernière velléité de déstabilisation du 3 janvier montre que certains gradés réfléchissent encore à le renverser.
En plus de trois ans à la tête du Burkina Faso, nombreuses ont été les tentatives de déstabilisation dénoncées par le capitaine Ibrahim Traoré. Certaines ont été exagérées, d’autres étaient concrètes, comme celle signalée samedi 3 janvier par ses partisans.
Contrairement au dernier épisode similaire, le 21 avril 2025, lorsque le gouvernement avait annoncé avoir déjoué un « grand complot en préparation » devant aboutir à « un assaut sur la présidence », les autorités de Ouagadougou n’ont, cette fois, pas communiqué. Pourtant, selon plusieurs militaires burkinabés contactés par Le Monde, une « dynamique »visant à renverser Ibrahim Traoré avait bien été amorcée sans que l’on connaisse les détails et le niveau d’avancement de cette tentative de putsch.
Alertés par une source informée du projet en gestation, les services de renseignement y ont mis un terme en arrêtant plusieurs militaires et au moins un civil. « D’autres personnes impliquées auraient réussi à fuir », ajoute une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.
Parmi les individus interpellés, un capitaine, Prosper Coulidiaty, est suspecté d’être au cœur du projet de mutinerie. Membre de l’armée de l’air, ce pilote est accusé d’avoir été en lien avec l’ancien président de transition, Paul-Henri Sandaogo Damiba, déjà cité dans de récentes affaires de déstabilisation.
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