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Détention jugée illégale : un juge ordonne au chef de l’ICE de se présenter en cour

Un agent de l'ICE lors de l'arrestation d'un homme à la suite d'une descente de police contre des migrants, le 18 janvier 2026.  Photo : Reuters / Leah Millis
Un agent de l'ICE lors de l'arrestation d'un homme à la suite d'une descente de police contre des migrants, le 18 janvier 2026. Photo : Reuters / Leah Millis

Reprochant à l'agence américaine de contrôle de l'immigration et des douanes (ICE) d'avoir enfreint plusieurs ordonnances judiciaires, le juge fédéral en chef du Minnesota a sommé son directeur par intérim de comparaître en cour, brandissant un possible outrage au tribunal.

Le juge Patrick Schiltz a convoqué le chef de la police fédérale de l’immigration par intérim, Todd Lyons, pour une audience ce vendredi afin qu'il vienne personnellement (en italique dans la décision) justifier pourquoi il ne devrait pas faire l’objet de procédures pour outrage au tribunal.

L'avertissement concerne le cas d'un immigrant qui n'a pas obtenu l'audience de libération sous caution prévue par la loi, en dépit d'une ordonnance judiciaire du 14 janvier enjoignant aux autorités fédérales de la lui accorder dans un délai de sept jours.

La patience du tribunal est à bout, a écrit le juge, qui avait été nommé par le républicain George W. Bush, dans une ordonnance de trois pages émise tard lundi soir.

Si sa décision est centrée sur un migrant en particulier, le juge Schiltz reproche à l'ICE d'avoir ignoré des dizaines de décisions judiciaires de juges de Minneapolis lui ordonnant d'accorder des audiences de libération sous caution à des immigrants en détention.

Les défendeurs ont constamment assuré au tribunal qu’ils reconnaissaient leur obligation de se conformer aux ordonnances judiciaires et qu’ils avaient pris des mesures pour garantir leur respect à l’avenir. Malheureusement, les violations se poursuivent malgré tout.

Une citation dePatrick Schiltz, juge fédéral en chef du Minnesota


Le non-respect des ordonnances par le gouvernement fédéral a presque toujours entraîné des difficultés considérables pour des ressortissants étrangers (dont plusieurs vivent et travaillent légalement aux États-Unis depuis des années et n’ont absolument rien fait de répréhensible), fait-il valoir.

Expliquant les conséquences sur les migrants, le juge précise que certains ont vu leur détention prolongée; d'autres, qui auraient dû rester au Minnesota, ont été transférés pour être détenus au Texas; et d'autres encore ont été libérés une fois transférés au Texas, mais ont dû revenir chez eux par leurs propres moyens.

La Cour reconnaît que le fait d'ordonner au directeur d'une agence fédérale de comparaître en personne constitue une mesure extraordinaire, mais l'ampleur des violations des ordonnances judiciaires par l'ICE est tout aussi extraordinaire, et des mesures moins draconiennes ont été essayées et ont échoué, affirme-t-il.

Devant un immense drapeau américain, à côté d'un agent et de Kristi Noem, Todd Lyons parle devant un micro.
La secrétaire à la Sécurité intérieure Kristi Noem (droite) et le directeur par intérim de l'agence américaine du contrôle de l'immigration et des douanes (ICE) Todd Lyons (centre) tiennent une conférence de presse en Indiana, le 30 octobre 2025. Photo : Getty Images / Jamie Kelter Davis

Le juge Schiltz a cependant indiqué qu'il annulerait l'audience si l'ICE libérait le plaignant, qui était selon lui injustement détenu par des agents.

L'administration Trump est déjà dans la tourmente pour sa politique agressive de répression de l'immigration illégale, particulièrement après la mort d'Alex Pretti, abattu par des agents fédéraux samedi, moins de trois semaines après la celle de Renee Good, elle aussi abattue par un agent alors qu'elle se trouvait dans son véhicule.

Une multitude de poursuites

Les tribunaux du Minnesota sont submergés de requêtes d'urgence présentées par des immigrants disant avoir été arrêtés ou détenus illégalement dans la foulée de l’opération Metro Surge, menée dans les villes jumelles de Minneapolis et Saint Paul.

Dans la grande majorité des requêtes, les juges de district se sont rendus aux arguments des plaignants, ordonnant leur libération immédiate et sonnant l'alarme sur ce qu'ils considèrent comme des violations massives de la loi, selon le site Politico.

À l'instar du juge Schiltz, plusieurs juges ont en outre exprimé leur frustration face à l’attitude du gouvernement.

Après la vague d'indignation soulevée par la mort d'Alex Pretti, le président Trump a semblé, lundi, adoucir sa rhétorique et opérer une volte-face en dépêchant son « tsar des frontières », Tom Homan, au Minnesota.

Le même jour, des médias américains ont en outre rapporté que Gregory Bovino, le visage de la campagne d'expulsion musclée des migrants de l'administration Trump, et plusieurs de ses agents allaient parallèlement quitter Minneapolis le lendemain.

Largement critiqué, ce haut responsable au sein de la patrouille frontalière a notamment affirmé sans preuve qu'Alex Pretti, l'infirmier de 37 ans abattu samedi, voulait causer le plus de dommages possible et massacrer les forces de l'ordre. Il l'a ensuite présenté comme un suspect.

Avec les informations de Washington Post et New York Times

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