Cambriolage du Louvre 3 min de lecture

« Le vol du Louvre n’est pas un accident », estime la commission d’enquête sur la sécurité des musées

Source: Le Figaro
« Le vol du Louvre n’est pas un accident », estime la commission d’enquête sur la sécurité des musées

Selon le député LR Alexandre Portier, qui s’étonne que la présidente du Louvre ait été maintenue par le gouvernement, il faut « remettre de l’ordre » dans le mode de gouvernance du musée.

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Quatre mois après le vol spectaculaire de huit bijoux de la couronne, le Louvre n’en finit pas d’être cloué au pilori. « Ce vol n’est pas un accident, il est le révélateur d’une défaillance systémique » du musée, dans sa politique de sécurité, ainsi que dans son « pilotage » a estimé jeudi, devant la presse, le député Alexandre Portier (LR), président de la commission parlementaire d’enquête sur la sécurité des musées.

Lancée en janvier pour faire la clarté sur la politique de sécurité dans les musées français, la commission a déjà auditionné 70 intervenants pendant une trentaine d’heures au total. À mi-parcours, elle semble en avoir surtout tiré des conclusions sur les dérives au Louvre, lesquelles ont déjà été étalées au grand jour, après des auditions au Sénat à l’Assemblée nationale, ainsi que la publication d’une série de rapports.

Il faut « remettre de l’ordre » dans le musée le plus visité au monde, a confirmé à son tour le député, mettant en avant un syndrome d’« hyperprésidence » au Louvre, ainsi qu’un goût pour « l’événementiel et l’éphémère » s’exerçant au détriment du reste, dont les travaux de remise à niveau.

Bien que le musée soit un établissement public, il est « devenu un État dans l’État », a-t- insisté. Selon Alexandre Portier, le ministère de la Culture doit « reprendre la main » sur la gestion du musée. Quant aux parlementaires, censés exercer un contrôle sur la dépense publique, ils doivent également mieux jouer leur rôle. La ministre de la Culture, Rachida Dati, et la présidente du Louvre, Laurence des Cars, seront entendues la semaine prochaine par la commission d’enquête.

Je ne suis pas convaincu de la nécessité de ce geste présidentiel, qui vise à faire entrer 12 à 15 millions de visiteurs par an, alors qu’aujourd’hui toutes les salles ne sont pas ouvertes.

Alexis Corbières, rapporteur de la commission d’enquête


À la première, dont cela sera sans doute une des dernières interventions en tant que ministre, la commission devrait demander des comptes sur le grand projet Louvre Nouvelle Renaissance (LNR). Annoncé par le président de la république en janvier 2024, d’un montant de 800 millions d’euros, il devrait permettre de doter le musée d’une nouvelle entrée, et de 22 000 mètres carrés de nouvelles salles. « Je ne suis pas convaincu de la nécessité de ce geste présidentiel, qui vise à faire entrer 12 à 15 millions de visiteurs par an, alors qu’aujourd’hui toutes les salles ne sont pas ouvertes », a prévenu le député Alexis Corbières, rapporteur de la commission d’enquête.

Quant à Laurence des Cars, ultra-fragilisée depuis le vol, elle devra à nouveau s’expliquer sur son manque supposé d’intérêt pour la sécurité dans son musée. La « liste de défaillances » identifiées au Louvre après le vol du 19 octobre « aurait déjà conduit dans pas mal de pays et d’établissements à un départ depuis longtemps », a lancé Alexandre Portier, pour qui le Louvre « doit retrouver un fonctionnement normal ».

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