Porté par les progrès de l’intelligence artificielle génératrice de textes et d’images, le « jeu de rôle intime » avec des chatbots a connu un fort essor. Avec des pratiques très variées, mais aussi plutôt genrées.
Par Damien Leloup et Florian Reynaud
L’intelligence artificielle (IA) n’est pas seulement un outil très efficace pour programmer, analyser des documents ou faire des traductions, c’est aussi un redoutable outil… de création de contenus érotiques et pornographiques. Même les modèles grand public, intégrant des garde-fous qui bloquent les demandes sexuellement explicites, sont très utilisés pour lancer des conversations érotiques ou des flirts virtuels : 10 % des requêtes, dans un échantillon de 500 000 prompts sur ChatGPT analysés en 2026 par des chercheurs des universités de Washington et du Colorado, entraient dans ces catégories. Fin 2025, Sam Altman, le patron d’OpenAI, avait d’ailleurs promis de lancer un « mode adulte » autorisant les contenus sexuels, avant de faire machine arrière en mars.
Ce n’est pas très surprenant : disponibles 24 heures sur 24, multilingues, flatteurs par nature, adaptables à l’infini, capables de suivre toutes sortes de scénarios et de fantasmes, les chatbots sont particulièrement adaptés aux jeux de rôle romantiques et érotiques. Des dizaines de plateformes d’IA spécialisées ou acceptant les contenus érotiques ou directement sexuels ont par ailleurs été créées ces dernières années, avec, pour certaines, un très grand succès. A commencer par Character.AI, lancée en 2022 et qui revendiquait plus de 3,5 millions d’utilisateurs quotidiens deux ans plus tard.
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