Sans démentir la rumeur, le président du RN refusait jusqu’à présent de la commenter, estimant que sa «vie privée» constituait son «dernier espace de liberté». Le couple est à la une du magazine, ce jeudi 9 avril.
Par John Timsit
L’idylle entre Jordan Bardella et Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles alimentait depuis trois mois les spéculations. Depuis ce 13 janvier précisément, lorsqu’ils avaient été filmés de loin, descendant ensemble les marches du Grand Palais, à Paris, où Le Figaro célébrait son bicentenaire. Leur relation est désormais officielle : le président du Rassemblement national (RN), 30 ans, et la princesse, descendante d’une prestigieuse et richissime lignée aristocratique italienne, 22 ans, s’affichent, ce jeudi, en Une de Paris Match . Sans se prêter explicitement au jeu de la pose, le couple laisse toutefois transparaître une communication savamment orchestrée.
Un tournant pour l’eurodéputé nationaliste, qui refusait encore récemment de commenter les rumeurs, faisant fi du petit emballement médiatique. «Jusqu’à nouvel ordre, ma vie privée m’appartient», balayait-il fin janvier au micro de RTL, tout en se disant «un homme heureux» lorsqu’on l’interrogeait à ce sujet. Bis repetita quelques jours plus tard dans Le Parisien, où le dauphin de Marine Le Pen insistait sur sa volonté de préserver sa vie intime, présentée comme son «dernier espace de liberté». Un espace qu’il entendait «préserver autant que possible». Se gardant de lever le voile sur cette relation, le député RN Sébastien Chenu s’était contenté de lui souhaiter «bien du bonheur» dans cette «belle histoire».
Costume de candidat
Pourquoi Jordan Bardella décide-t-il finalement de s’exposer ? La perspective de la présidentielle, pour laquelle il pourrait porter les couleurs du RN en cas d’inéligibilité confirmée de Marine Le Pen, le 7 juillet, par la cour d’appel, n’est sans doute pas étrangère à ce changement de braquet. Une manière, pour le favori des sondages de 2027, d’endosser le costume de candidat à l’Élysée, alors que l’opinion attend davantage de transparence sur la vie privée de ceux qui sollicitent leurs suffrages.
Mais aussi d’assumer sa relation avec la duchesse de Palerme et de Calabre, quitte à essuyer une nouvelle vague de commentaires pointant le risque de brouiller son image auprès des catégories populaires. Face à ces analyses, présentes depuis plusieurs mois, le RN n’avait pas tardé à contre-attaquer. Le député Alexandre Loubet avait dénoncé un «militantisme (qui) suinte le mépris social», tandis que l’eurodéputé Pierre-Romain Thionnet avait fustigé les «jets haineux et obsessionnels» de certains journalistes.