DÉCRYPTAGE - En 2020, le parquet de Paris avait adressé une demande d’entraide pénale aux États-Unis à propos de la participation de Jean-Luc Brunel au trafic sexuel d’Epstein, avant que le suicide de cet agent ne mette fin aux investigations. Leur clôture pose aujourd’hui question.
Par Jeanne Durieux et Rozenn Morgat
Six ans avant les «Epstein files», le 8 juillet 2020, le procureur de la République de Paris adresse une demande d’entraide pénale aux autorités américaines concernant l’affaire Epstein. Ce courrier officiel, qui figure parmi les 3 millions de documents déclassifiés par la justice américaine, évoque d’éventuels crimes qui se seraient déroulés sur le sol français, notamment à Paris, par Jeffrey Epstein et l’agent de mannequins français Jean-Luc Brunel. Ce dernier est soupçonné d’avoir participé au réseau prostitutionnel d’Epstein comme pourvoyeur de jeunes filles, en l’occurrence des mannequins débutantes fraîchement débarquées à Paris.
Ce 8 juillet 2020, la justice française requiert que les États-Unis lui fournissent «toute audition et tout acte d’enquête» portant sur Jean-Luc Brunel, Ghislaine Maxwell et plusieurs autres personnes anonymisées - des victimes françaises ou victimes d’agression sur le sol français, ou des complices présumés d’Epstein dans l’Hexagone.
La demande relate les…