Minimisant sa signification, le président des États-Unis, Donald Trump, a supprimé l'image générée par l'intelligence artificielle qui semblait le représenter comme le Christ, et dont la publication a suscité un tollé.
Confirmant avoir lui-même publié l'illustration quelques heures plus tôt, il a fourni une explication pour le moins surprenante.
Je pensais que c'était moi en médecin, que ça avait à voir avec la Croix-Rouge – avec un travailleur de la Croix-Rouge –, que nous soutenons, a-t-il affirmé depuis l'extérieur du bureau ovale.
Il n’y a que les médias de fausses nouvelles pour inventer une chose pareille, a-t-il dit, niant avoir voulu se présenter en figure divine.
L'image, dont la publication a été vivement critiquée – y compris par certains de ses propres partisans –, le montrait sous les traits d’une figure christique, une lumière divine émanant de ses mains, guérissant un malade alité avec un démon en arrière-plan.
Je pensais que c’était moi en médecin, a-t-il martelé devant les journalistes alors qu'il recevait une livraison de la chaîne de restauration rapide McDonald's.
C’est censé être moi en médecin, en train d'aider les gens à aller mieux. Et c’est ce que je fais : j'aide les gens à aller mieux.
Une citation deDonald Trump, président des États-Unis
Le président Trump a pourtant publié ce message dans un contexte d'attaques virulentes contre le pape Léon XIV, qui a critiqué la guerre américano-israélienne en Iran.
Pas d'excuses à Léon XIV
Interrogé sur la requête d'un évêque américain qui réclame qu'il présente ses excuses au souverain pontife, Donald Trump a indiqué qu'il ne le ferait pas.
Non, je ne [lui] dois pas [d'excuses] parce que le pape a dit des choses qui ne sont pas correctes et je ne fais que répliquer, a-t-il dit de celui qui livre un message antiguerre non équivoque.
Dans une longue diatribe mise en ligne dimanche soir, Donald Trump accusait notamment le premier pape de nationalité américaine d'être faible en matière de criminalité et désastreux en politique étrangère.
Dans un geste inhabituel, le président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, l’archevêque Paul Coakley, s'est porté à la défense du chef de l'Église dans une déclaration publiée après la sortie du président américain.
Je suis attristé que le président ait choisi d’écrire des propos aussi dénigrants à l’égard du Saint-Père, a-t-il déclaré.
Le pape Léon n’est pas son rival; et le pape n’est pas un politicien. Il est le vicaire du Christ, qui s’exprime à partir de la vérité de l’Évangile et pour le soin des âmes.
Une citation dePaul Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis
Un réquisitoire inhabituel
Donald Trump avait déclaré dimanche ne pas être un grand admirateur du pape Léon. C'est quelqu'un de très libéral, et c'est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité, a-t-il soutenu.
Il a en outre accusé le pape de croire qu'on ne devrait pas se mêler des affaires d'un pays qui veut se doter de l'arme nucléaire pour pouvoir faire exploser le monde.
Interrogé par les journalistes lundi, alors qu'il était en chemin pour un périple de 10 jours en Afrique, Léon XIV a répondu que les appels du Vatican pour la paix trouvaient leur fondement dans l’Évangile.
Je n’entrerai pas dans le débat, a-t-il affirmé. Ce que je dis n’est certainement pas destiné à attaquer qui que ce soit. Le message de l’Évangile est très clair : "Heureux les artisans de paix" a-t-il dit aux journalistes qui l'accompagnaient dans l'avion.
Je n'ai pas peur, ni de l'administration ni d'exprimer avec force le message de l'Évangile.
Une citation deLéon XIV
Je ne renoncerai pas à exprimer le message de l’Évangile et à inviter chacun à chercher des moyens de jeter des ponts vers la paix et la réconciliation, ainsi que des moyens d’éviter la guerre chaque fois que cela est possible, a-t-il ajouté.
Peu après, Donald Trump s'est livré à une nouvelle attaque sur sa plateforme Truth Social, dans laquelle apparaissait l'image controversée semblant le présenter comme Jésus.
Dans cette très longue diatribe, il a notamment accusé Léon XIV de soutenir le programme d'armement nucléaire iranien, de s'être opposé à l'opération militaire américaine au Venezuela en janvier et de rencontrer des partisans de l'ex-président démocrate Barack Obama.
Je ne veux pas d'un pape qui critique le président des États-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j'ai été élu, DE FAÇON ÉCRASANTE, à savoir faire baisser la criminalité à des niveaux historiquement bas et créer le plus grand marché boursier de l'Histoire, a écrit le président républicain.
Dans l'une de ses plus virulentes critiques des conflits qui embrasent la planète, notamment au Moyen-Orient, Léon XIV avait déclaré samedi, sans nommer personne, que la foi était nécessaire pour affronter ensemble ce moment dramatique de l'Histoire.
Assez de l'idolâtrie du moi et de l'argent! Assez des démonstrations de force! Assez de guerres! La véritable force se manifeste en servant la vie, avait lancé le pape lors d'une veillée de prière pour la paix à la basilique Saint-Pierre de Rome.
Avec les informations de New York Times et AFP