Réputé pour sa fiscalité avantageuse, le canton le plus prospère de la Confédération pourrait récupérer une partie des grandes fortunes fuyant les Emirats à cause de la guerre. Le phénomène s’étend à d’autres régions du pays.
Par Serge Enderlin
Lutter contre les clichés sur la Suisse, d’accord, mais comment faire quand la réalité se révèle encore plus superlative que ceux-ci ? Dans le canton de Zoug, l’affaire n’est pas simple, car voici le décor : un lac cristallin, entouré comme il se doit de pâturages vert tendre et de montagnes. Sur la rive s’étale paisiblement la cité éponyme, de taille modeste mais dans laquelle poussent plusieurs tours d’affaires internationales. Peu de trafic, presque pas de bruit, un air pur, l’argent n’a pas d’odeur. Pourtant, il y en a de plus en plus sur ce minuscule territoire de 240 kilomètres carrés au cœur de la Confédération suisse.
Une boutade locale veut que, vu la concentration de Porsche en ville, il faudrait débarquer en Batmobile pour se faire remarquer. Si Zoug est l’un des plus petits cantons du pays, il est de très loin le plus riche – un habitant sur huit est au moins millionnaire, et l’on y fait statistiquement partie de la classe moyenne jusqu’à 180 000 francs suisses (197 000 euros) de revenus annuels. Avec tout juste 130 000 habitants, le canton réalise à lui seul un produit intérieur brut de 20 milliards de francs suisses, autant que des pays comme l’Arménie ou la Namibie, et son registre du commerce immatricule plus de 40 000 sociétés.
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