Selon le « Wall Street Journal », l'ancien Premier ministre hongrois serait considéré par le gouvernement américain comme « le candidat Maga conservateur idéal » pour succéder à Antonio Guterres. Mais l'idée risque de ne pas faire consensus…
Par Marie Delumeau
Après sa défaite électorale historique en avril dernier, Viktor Orban pourrait-il être catapulté à la tête de l'Organisation des Nations unies ? Selon des informations du « Wall Street Journal », l'administration Trump pousserait en tout cas pour une candidature de l'ancien Premier ministre hongrois au poste de secrétaire général de l'ONU. Le mandat de l'actuel chef, le Portugais Antonio Guterres, prend fin le 31 décembre.
Aux yeux d'un officiel américain, cité par le quotidien économique, Viktor Orban est considéré comme « le candidat Maga conservateur idéal ». Ses positions anti-immigration, ses affrontements avec Bruxelles ou encore ses atteintes à l'Etat de droit rendent en effet l'ex-chef du gouvernement nationaliste très Trump-compatible.
Adepte de l'illibéralisme, Viktor Orban a d'ailleurs été une source d'inspiration pour Donald Trump, ainsi que son principal soutien en Europe. En retour, le président américain l'a soutenu pour les élections législatives en Hongrie d'avril dernier en envoyant notamment son vice-président J. D. Vance, sans succès.
Soutien de la Russie et la Chine
Selon le journal, Viktor Orban se serait montré « réceptif » à la proposition de l'administration Trump, mais serait peu enclin à se présenter à moins d'être certain de l'emporter.
Autre élément crucial : selon le WSJ, une candidature Orban comme secrétaire général de l'ONU pourrait également recevoir le soutien de la Russie et de la Chine, deux autres membres permanents du Conseil de sécurité. L'ancien Premier ministre hongrois pourrait même faire office de candidat commun.
Or, « quand les Etats-Unis, la Russie et la Chine veulent la même chose au Conseil de sécurité, ils parviennent généralement à leurs fins », souligne le quotidien, reprenant des propos de plusieurs sources. Un officiel américain interrogé par le WSJ estime que Viktor Orban pourrait recueillir au moins huit votes favorables sur les quinze membres que compte le Conseil de sécurité de l'ONU.
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Pour être validée par le Conseil de sécurité (qui fait ensuite une recommandation à l'Assemblée générale de l'ONU), une candidature doit pour rappel être approuvée par neuf pays membres. Tout en ne recevant pas de veto de la part d'un des cinq membres permanents. Si Viktor Orban pourrait selon le quotidien compter sur le soutien des Etats-Unis, de la Russie et de la Chine, il paraîtrait incertain qu'il obtienne le sceau d'approbation de la France et du Royaume-Uni…
Tractations sans consensus
La révélation de cette potentielle candidature intervient alors que les tractations pour trouver le successeur d'Antonio Guterres se poursuivent, pour l'instant sans consensus. Lors d'un vote indicatif, le 16 octobre, chacun des sept candidats a reçu au moins un veto d'un membre permanent du Conseil de sécurité, y compris la Costaricaine Rebeca Grynspan, qui menait la course ces dernières semaines.
Au lendemain de ce vote, l'ancien président sénégalais Macky Sall, également candidat, a annoncé jeter l'éponge, dans une volonté de contribuer « à l'émergence d'une candidature consensuelle au sein du Conseil de sécurité ».
Ces derniers jours, un nouveau profil est apparu dans la course : les Emirats arabes unis ont proposé le 21 octobre la candidature de la diplomate Lana Nusseibeh, actuelle secrétaire d'Etat au ministère des Affaires étrangères émirati. Reste à savoir si le nouveau vote indicatif prévu le 28 octobre permettra de dégager un favori clair.