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Venezuela 5 min de lecture

Séismes au Venezuela : la lente recherche de victimes provoque angoisse et colère

Des dizaines de milliers de personnes manquent toujours à l'appel neuf jours après les séismes qui ont frappé le Venezuela.  Photo : Getty Images / AFP / Martin Bernetti
Des dizaines de milliers de personnes manquent toujours à l'appel neuf jours après les séismes qui ont frappé le Venezuela. Photo : Getty Images / AFP / Martin Bernetti

Agence France-Presse

La lenteur des recherches pour retrouver les victimes du double séisme et l'incertitude qui demeure autour de leur nombre plongent les Vénézuéliens dans l'angoisse, avec des scènes de tensions, vendredi, devant les décombres d'immeubles effondrés.

Que les machines n'arrivent pas pour les emporter comme des déchets, c'est ça mon objectif, parce que les spécialistes nous ont dit qu'il y avait encore de l'espoir, témoigne José Francisco Liendo, à Caraballeda, dans la station balnéaire de La Guaira, proche de Caracas.

Le chauffeur de poids lourds âgé de 50 ans se tient devant les gravats d'un immeuble qui recouvrent, pense-t-il, les corps de son père et de sa soeur.

Comme lui, des milliers de familles espèrent encore retrouver leurs proches, emportés par les séismes de magnitude 7,2 et 7,5 qui ont dévasté ce secteur et touché la capitale Caracas, le 24 juin.

Le plus puissant séisme qu'ait connu le Venezuela depuis plus d'un siècle a fait près de 2600 morts et plus de 12 000 blessés, d'après le dernier bilan donné jeudi soir par les autorités.

Elles évitent de chiffrer le nombre de disparus, mais les Nations unies estiment qu'il pourrait s'élever à 50 000 et les réseaux sociaux restent inondés de photos d'enfants, de personnes âgées et de couples, accompagnées de leurs noms, d'une description et d'un numéro de téléphone dans l'espoir d'obtenir des informations.

Les sinistrés se comptent par millions, beaucoup vivant dans la rue ou des refuges improvisés.

Des gens déplacent des décombres au Venezuela.
Neuf jours après les séismes qui ont dévasté le Venezuela, les recherches se poursuivent. Photo : Getty Images / AFP / Martin Bernetti

Des secouristes vénézuéliens et étrangers s'affairent encore dans les décombres, neuf jours après les séismes, mais l'intensité des recherches diminue et certains sauveteurs avancent que vendredi marquera la fin des recherches.

On estime généralement que les chances de survie sous les décombres sont pratiquement nulles au-delà de 72 heures. Pourtant, de nombreux proches s'accrochent encore à l'espoir, pensant entendre des signes de vie.

Face au même immeuble de Carabelleda, des passants disent avoir entendu les cris d'un adulte et d'autres parlent aussi, dans la même zone, d'un enfant de 9 ans encore en vie. Mais des secouristes étrangers ont affirmé à l'AFP qu'il n'y a plus de survivants ici.

Des critiques envers le gouvernement

À La Guaira comme dans la capitale Caracas, les critiques fusent contre la réaction du gouvernement face à la tragédie.

Beaucoup dénoncent l'absence de secours dans les premiers temps, jusqu'à l'arrivée des sauveteurs internationaux. Ce sont souvent les proches, les voisins et des volontaires qui, dans les premières heures, ont fouillé les gravats.

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a assuré jeudi soir que les recherches de survivants se poursuivaient et a promis que personne n'irait dans les fosses communes, promettant ainsi que tous les morts seraient identifiés.

La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, s'exprime lors de la présentation du rapport gouvernemental de la première année au Palacio Federal Legislativo, le 15 janvier 2026 à Caracas, au Venezuela.
La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez (Photo d'archives) Photo : Getty Images / Jesus Vargas

Elle a défendu sa gestion de la crise en soulignant avoir déployé 4000 professionnels dans les premières 24 heures puis 19 000 au bout de 48 heures.

L'ampleur des dégâts a plongé dans le chaos une partie du pays, déjà plombé depuis des années par une profonde crise économique. Près de 200 bâtiments se sont complètement effondrés, selon les données officielles.

Une morgue improvisée est installée en plein air dans le port de La Guaira, où les proches attendent de longues heures pour récupérer les corps et les actes de décès.

Une absence totale de capacité de gestion, selon Maria Corina Machado

Arrivée au pouvoir après la capture, par les États-Unis, du président Nicolas Maduro dont elle était la vice-présidente, Delcy Rodriguez est soutenue par le président Donald Trump.

Les États-Unis coordonnent de facto les efforts internationaux au Venezuela.

Ils ont pris leurs distances avec la cheffe de l'opposition en exil, Maria Corina Machado. Cette figure a pourtant confié par visioconférence à plusieurs journalistes, dont l'AFP, voir dans son retour, contre l'avis de la Maison-Blanche, un facteur de stabilité.

La catastrophe a démontré, selon elle, que le Venezuela souffre d'une absence absolue, totale, de capacités de gestion.

Maria Corina Machado, lève le poing sous les acclamations de la foule.
La dirigeante de l'opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado. (Photo d'archives) Photo : Getty Images / AFP / RONALDO SCHEMIDT

Devant l'immeuble où se trouve José Francisco Liendo, des militaires sont arrivés ainsi qu'une brigade espagnole équipée d'une grue, pour commencer à soulever les décombres.

Aloa Gonzalez espère aussi retrouver le corps de sa sœur, enterrée sous des blocs de ciment. Je viens d'enterrer mon papa et ma maman, et je suis ici pour sortir ma sœur, confie-t-elle, bouleversée.

Comment je me sens? Enterrée vivante, lâche-t-elle. Les personnes les plus importantes de ma vie sont mortes et je n'arrive pas à y croire.

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