Par Nicolas Chapuis
Il est 12 h 20 au tribunal fédéral de New York, lundi 5 janvier, quand l’accusé se lève et clame en espagnol : « Je suis innocent, je ne suis pas coupable. Je suis un homme respectable, le président de mon pays. » Nicolas Maduro, habit orange et noir de prisonnier, se rassoit. Celui qui était encore, vendredi, le dirigeant en exercice du Venezuela est désormais le plus célèbre détenu du monde. Enlevé dans son palais de Caracas par les forces spéciales américaines, accusé de trafic de drogue par l’administration de Donald Trump, il risque la prison à vie dans une procédure judiciaire aux Etats-Unis, dont l’audience de mise en accusation – la première étape – s’est déroulée lundi à Manhattan.
Dès le matin, les hélicoptères des forces de l’ordre se sont positionnés en vol stationnaire au-dessus de New York, signe d’une journée singulière. Devant le tribunal, situé à deux pas du quartier de Chinatown, un imposant dispositif policier a été déployé. Les caméras du monde entier diffusent des directs depuis l’aube, tandis que quelques dizaines de personnes protestant contre l’impérialisme américain se sont regroupées derrière des barrières. A l’intérieur du tribunal, les agents de la DEA, l’agence antidrogue chargée des opérations, défilent par petits groupes.
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