Tragédie en Suisse : « C’est inimaginable de se dire qu’on va vivre sans notre enfant »
Source: Radio Canada
Mis à jour il y a 1 jour
Mis à jour Jan 03, 2026, 3:27 PM ET
Publié Jan 03, 2026, 1:25 PM ET
Laetitia Brodard est toujours sans nouvelles de son fils, Arthur, au lendemain de la tragédie de Crans-Montana. PHOTO : GETTY IMAGES / HAROLD CUNNINGHAM
Arthur est-il à l’hôpital? Est-il maintenant à la morgue? Sa mère, Laetitia Brodard, se le demande.
Si vous l’avez vu, qu’il soit vivant ou décédé, je vous en prie, contactez-moi, a-t-elle dit vendredi, en pleurs, près du bar Le Constellation, dans le village Crans-Montana, en Suisse, où son fils de 16 ans avait réservé une table pour le réveillon du Nouvel An.
Laetitia Brodard montre la dernière photo qu'elle a publiée de son fils, Arthur, quelques heures avant qu'il parte fêter pour le Nouvel An. Photo : Reuters / Noemie Olive
Un peu plus d’une heure après l’arrivée de 2026, Arthur et des dizaines de fêtards se sont retrouvés prisonniers alors que l’établissement s’est rapidement embrasé.
Au moins 40 personnes sont mortes et 119 autres ont été blessées dans l’incendie et transportées dans des hôpitaux en Suisse, en France et en Italie. Au lendemain de la tragédie, une seule des victimes a été publiquement identifiée.
C’est inimaginable de se dire qu’on va vivre sans notre enfant, a lâché Mme Brodard.
Dans le village, les familles et les amis des autres disparus ignorent toujours où sont leurs proches et dans quel état ils se trouvent.
Rencontré par Radio-Canada dans le village, Marco a expliqué n’avoir aucunes nouvelles d’un ami proche. Je ne sais pas où il se trouve. S’il est à l’hôpital, ou s’il est décédé. J’ai plein d’autres amis qui sont gravement brûlés. Et ça fait mal.
Les gens tombaient, ils asphyxiaient
Quand elle a appris qu'un incendie avait eu lieu, Laetitia Brodard s’est précipitée dans un hôpital de la région, où c’était la panique, a-t-elle expliqué à Reuters. Elle s’est ensuite rendue à Crans-Montana, où, avec d’autres parents et amis, elle s’est mise à saisir l’ampleur de ce qui s’est passé.
Axel était au bar Le Constellation, situé dans un sous-sol du village de ski, quand une bougie-étincelle a touché le plafond du bar, provoquant un embrasement généralisé éclair.
Le plafond du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, s'enflamme, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier. Photo : X
Miraculeusement, j’ai réussi à sortir, je ne sais même pas comment expliquer, a-t-il raconté à Reuters vendredi.
J’ai dû renverser une table et me cacher derrière la table, parce que les flammes commençaient à tambouriner. Les fêtards, en grande majorité des adolescents, se bousculaient alors vers les escaliers.
On ne voyait rien. Il n’y avait qu’une seule porte de 1 m 50 pour 200, 300 personnes. Les gens tombaient, ils asphyxiaient.
Une citation deAxel, survivant de l'incendie
C’est finalement par une fenêtre qu’il a cassée qu’Axel a pu s’extirper du brasier indemne.
Jeremy, 22 ans, a raconté être arrivé sur les lieux au tout début de l’incendie, avec des copains.
Il y avait une grosse foule et des cris. On a vu des gens taper sur les vitres du bar, a-t-il raconté. Les gens étaient tellement en détresse, on entendait des cris énormes.
Deux de ses amis se sont même précipités dans l’établissement pour y sortir un jeune homme qu’ils ont trouvé couché au sol.
Ce qu’il a vu à la sortie du bar le laissera choqué à vie, a-t-il confié à Reuters.
On a vu des gens brûlés avec plus de cheveux et plus de vêtements, de la peau qui dégoulinait.
Des proches des victimes se recueillent au lendemain de la tragédie. Photo : Getty Images / AFP / MAXIME SCHMID
Sur l’ensemble des hospitalisations, on dénombre notamment 71 Suisses, 14 Français, 11 Italiens et 4 Serbes. On ne compte aucun Canadien pour l'instant, selon Affaires mondiales Canada, mais les nationalités d'autres blessés restent toujours à être déterminées.
Ce n'est pas imaginable de se dire que notre enfant a brûlé dans un incendie le 31 décembre 2025 pour passer la nouvelle année, a déploré Mme Brodard, pour qui les prochaines heures s’annonçaient longues.
On ne sait pas quand est-ce qu’ils vont être identifiés. Maintenant, ça va être une question de longues heures pour savoir où sont nos enfants.
Avec des informations de Reuters et de Tamara Altéresco
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