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Incendie en Suisse: l'identification des victimes continue, des blessés sont envoyés en France

Source: France 24::

L'enquête et l'identification des victimes se poursuivent vendredi, après l'incendie d'un bar de la station de ski suisse de Crans-Montana, pendant la nuit de Nouvel An, qui a fait une quarantaine de morts et une centaine de blessés, selon le chef de la police locale. La France, la Pologne ou encore l'Italie ont accepté de prendre en charge plusieurs blessés.


Par: FRANCE 24
Vidéo par: Olivia BIZOT
Des fleurs ont été déposées près du bar Le Constellation, à Crans-Montana, en Suisse, le 1er janvier 2026. © MAXIME SCHMID / AFP

"Est-ce qu'ils vont bien ? Est-ce qu'ils sont juste à l'hôpital ?" Des heures après l'incendie qui a ravagé, jeudi 1er janvier, le bar de Crans-Montana en Suisse, l'enquête et l'identification des victimes se poursuivent vendredi 2 janvier. Mais ce travail pourrait "prendre plusieurs jours", selon la police locale.

D'importants moyens sont mobilisés "pour identifier les victimes et restituer leurs corps aux familles le plus rapidement possible", a indiqué Béatrice Pilloud, la procureure générale du canton du Valais, dans le sud-ouest de la Suisse. "Ce travail pourra prendre plusieurs jours", a précisé le chef de la police cantonale, Frédéric Gisler.

Au moins 80 des 115 blessés sont dans un état critique, a expliqué Mathias Reynard, président du gouvernement du canton du Valais, au quotidien régional Walliser Bote.

En parallèle, plusieurs corbillards transportant les dépouilles de victimes ont commencé à arriver dans la matinée au centre funéraire de Sion, ont de leur côté constaté des journalistes de l'Agence France-Presse (AFP).

Le nombre de personnes présentes dans le bar, d'une capacité d'au moins 300 individus selon son site Internet, reste inconnu. Les autorités n'ont pas précisé combien de personnes étaient portées disparues.

"On a essayé de joindre nos copains. On a fait plein de photos. On a posté sur Instagram, Facebook, tous les réseaux sociaux possibles pour essayer de les retrouver", s'inquiète Eléonore, 17 ans. "Mais il n'y a rien. Pas de réponse. On a appelé les parents. Rien. Même les parents, ils ne savent pas", ajoute-t-elle.

"L'atmosphère est lourde", a déclaré à l'AFP Dejan Bajic, un touriste de 56 ans venu de Genève, qui fréquente la station depuis 1974. "C'est comme un petit village, on connaît tous quelqu'un qui connaît quelqu'un touché", a-t-il raconté. Dans la rue en face du bar, des personnes viennent déposer des fleurs.

Les drapeaux du Palais fédéral suisse sont mis en berne pour cinq jours, a annoncé jeudi le président de la Confédération helvétique Guy Parmelin.

Le pape Léon XIV a de son côté prié pour les victimes et exprimé "sa compassion et sa sollicitude" à leurs proches, selon le secrétaire d'Etat du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, dans un message adressé à l'évêque de Sion, Jean-Marie Lovey.

Des blessés transférés en France, en Pologne, en Italie...

Neuf Français figurent parmi les blessés et huit autres ne sont pas encore localisés, a indiqué jeudi le ministère français des Affaires étrangères, alors que le chef de la diplomatie italienne, Antonio Tajani, a rapporté qu'une "quinzaine d'Italiens" avaient été blessés et qu'autant étaient toujours portés disparus.

Les autorités pensent que de nombreux étrangers font partie des victimes, mais elles n'ont encore donné aucun élément sur leur identité. Des blessés ont été transférés vers différents hôpitaux comme à Lausanne, Genève ou Zurich, et même en France et en Italie voisines.

La Suisse a demandé à la France d'accueillir huit blessés supplémentaires, en plus des trois déjà pris en charge jeudi, a indiqué le porte-parole du Quai d'Orsay, Pascal Confavreux, sur BFM. La Pologne, quant à elle, s'est dit prête à accueillir 14 blessés. "À la demande de la Suisse, nous sommes prêts à fournir des soins médicaux spécialisés à 14 blessés dans des hôpitaux polonais", a ainsi indiqué Donald Tusk sur X.

Selon la porte-parole du ministère de l'Intérieur, la Pologne a préparé ces places à l'hôpital de Siemianowice Slaskie (sud), spécialisé dans le traitement des brûlures et des plaies chroniques.

À Crans-Montana, une cellule de crise a été installée dans le Centre des congrès pour recevoir et orienter les familles. Le lieu est un peu excentré par rapport aux ruelles passantes et commerçantes. La zone est bouclée à la presse et l'entrée barrée par des policiers. 

"Nous devons être efficaces pour tout entreprendre, (...) et pour les parents qui attendent les proches, qui ne savent pas ce qu'il se passe", assurait jeudi après-midi Guy Parmelin, le président de la Confédération, lors d'une conférence de presse, évoquant "le travail extrêmement difficile" mené par les spécialistes.

Concernant "les personnes qui sont intervenues sur le plan psychologique, il y a ceux qui ont vu les scènes, ceux qui ont aidé et ceux qui vont encore le faire, je vous prie de croire que c'est quelque chose qui va être de longue durée".

Le piste de l'incendie privilégiée

Une enquête est en cours pour déterminer les causes de l'incendie, ont annoncé les autorités cantonales, excluant la piste de l'attentat.

"La piste aujourd'hui privilégiée est celle d'un embrasement généralisé qui a provoqué une déflagration", a indiqué la procureure générale Béatrice Pilloud.

Des sources concordantes ont précisé jeudi à l'AFP que les propriétaires du bar étaient de nationalité française : il s'agit d'un couple originaire de Corse. Ils seraient indemnes, selon un proche, mais demeurent injoignables.

Plusieurs témoignages diffusés par différents médias concordent sur l'éventuelle cause du sinistre. Selon eux, des bougies-étincelles fixées sur des bouteilles brandies par une personne ont provoqué l'incendie en touchant le plafond. Ces mêmes témoins ont précisé qu'il s'agissait d'un "show" habituel dans l'établissement.

L'incendie a entraîné "un embrasement généralisé qui a provoqué une ou plusieurs explosions" dans le bar, ont indiqué jeudi les autorités cantonales. Une enquête est en cours pour déterminer les causes de l'incendie, les autorités ayant exclu la piste de l'attentat.

Vendredi, les murs des bâtiments adjacents au bar ne portaient pas de traces noires qu'auraient pu laisser les flammes. Même l'enseigne du bar ne semble pas avoir été touché, pas plus que la structure en bois de la terrasse du bar qui reste debout, signe que l'embrasement était surtout au sous-sol.

Avec AFP

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