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Bad Bunny enflamme la mi-temps du Super Bowl en célébrant l’Amérique latine

Bad Bunny a enchaîné ses plus grands succès au spectacle de la mi-temps du Super Bowl.  Photo : Reuters / Mike Blake
Bad Bunny a enchaîné ses plus grands succès au spectacle de la mi-temps du Super Bowl. Photo : Reuters / Mike Blake

Agence France-Presse

Le chanteur Bad Bunny a transformé, dimanche, le spectacle de la mi-temps du Super Bowl en célébration de son archipel natal et de toute l'Amérique latine, sans évoquer Donald Trump ou sa politique migratoire.

L'événement était l'un des plus attendus de l'histoire de la mi-temps du Super Bowl, le concert présenté lors de la finale de la ligue de football américain NFL à Santa Clara (Californie).


Une femme chante entourée de danseurs et d'un petit orchestre.
La chanteuse et compositrice américaine Lady Gaga a fait une brève apparition sur scène. Photo : afp via getty images / PATRICK T. FALLON

La dimension politique potentiellement explosive s'ajoutait à l'attrait de celui qui est aujourd'hui l'artiste le plus populaire au monde, composant un cocktail jamais vu jusqu'ici.

Toutefois, s'il a bien amené sur la pelouse du stade Levi's ses chansons engagées et son univers culturel, quasiment intégralement en espagnol, Benito Antonio Martinez Ocasio, de son vrai nom, a évité les critiques et les mises en accusation.

Bad Bunny se produit sur scène lors du spectacle de la mi-temps au stade Levi's, à Santa Clara, en Californie.
Bad Bunny se produit sur scène lors du spectacle de la mi-temps au stade Levi's, à Santa Clara, en Californie. Photo : Getty Images / Ishika Samant

Accompagné en permanence d'une troupe de danseurs, Bad Bunny s'est promené dans les allées d'un village portoricain recréé pour l'occasion, avec salon de beauté, vendeurs de glaces (piraguas) ou joueurs de dominos, en interprétant plusieurs de ses standards.

Titi Me PreguntoNuevayol ou Monaco ont ainsi résonné dans l'enceinte, tandis que se déhanchaient une impressionnante brochette d'invités de marque du monde hispanique au sens large, de l'acteur Pedro Pascal à la chanteuse Karol G, en passant par Cardi B.


Un homme porte un drapeau de Porto Rico entouré d'herbes hautes et de poteaux électriques.
Fidèle à son habitude de célébrer ses origines portoricaines, Bad Bunny a brandi le drapeau de son territoire natal pendant le concert.  Photo : Getty Images / Agence France-Presse / PATRICK T. FALLON

La plus grande surprise sera venue de l'apparition de Lady Gaga, qui a interprété une version salsa convaincante de son titre à succès Die With A SmileBad Bunny s'étant substitué à Bruno Mars pour l'occasion.

« God Bless America »

Vêtu d'un costume croisé blanc crème et de baskets assorties, Bad Bunny ne s'est jamais départi de son habituelle décontraction et a régalé le public de quelques facéties, notamment l'écroulement (préparé) du toit d'un cabanon sur lequel il se trouvait.

Bad Bunny se produit sur scène lors du spectacle de la mi-temps au stade Levi's, à Santa Clara, en Californie.
Bad Bunny se produit sur scène lors du spectacle de la mi-temps. Photo : Reuters / Carlos Barria

Il a conclu le spectacle en détournant le God Bless America (Dieu bénisse l'Amérique) si cher à beaucoup aux États-Unis pour en faire un slogan à la gloire de tout le continent, avec une procession de drapeaux latino-américains.

Pour Duane Welty Rivera, supporteur portoricain des Seahawks présent à Santa Clara, la politique passait au second plan pour un tel format, seule comptant l'énergieNous devons nous concentrer sur le fait que nous sommes unis, a-t-il souligné, même si Porto Rico possède un statut hybride et ne fait pas pleinement partie des États-Unis.

Nous ne sommes pas des animaux

Assez tôt dans sa carrière, le natif de Bayamon s'est positionné sur le terrain politique, avec le titre Afilando Los Cuchillos (2019), réclamant le départ du gouverneur de Porto Rico, Ricardo Rossello, accusé de corruption et qui finira par démissionner.

Une foule de personnes brandit des drapeaux d'États américains.
Bad Bunny a lancé ce qui semblait être un appel à l'unité entre tous les pays américains, du Chili au Canada. Photo : Reuters / Mike Blake

Il évoquera ensuite, pêle-mêle, surtourisme, immigration, racisme ou embourgeoisement, jusque dans son opus le plus récent, le conceptuel DeBÍ TiRAR MáS FOToS, le plus engagé de tous.

Au passage, le trentenaire fantasque a régulièrement dénoncé, entre autres, la ligne dure de Donald Trump sur l'immigration avec, en point d'orgue, sa sortie, il y a une semaine, lors de la cérémonie des prix Grammy, récompenses de la musique américaine.

Des gens regardent un écran hors champ, souriant. Une femme au premier rang porte un chandail avec le drapeau portoricain.
Des gens regardent le Super Bowl en attendant le spectacle de Bad Bunny à la mi-temps, à San Juan, Porto Rico. Photo : Getty Images / Agence France-Presse / JAYDEE LEE SERRANO

Il y avait appelé les gens à mettre l'ICE dehors, en référence à la police américaine de l'immigration, qu'il n'a pas mentionnée dimanche.

Nous ne sommes pas des animaux, [...] nous sommes humains et nous sommes américains, avait scandé l'artiste portoricain, vainqueur de trois trophées, dont celui de l'album de l'année.

Lors de l'annonce de son invitation à Santa Clara, fin septembre, plusieurs élus et personnalités de la droite américaine avaient condamné la sélection de Bad Bunny et du groupe de rock Green Day, critique du président Donald Trump, lequel avait parlé d'horrible choix.Une pétition demandant le remplacement de Bad Bunny par le chanteur country de 73 ans George Strait a réuni plus de 130 000 signatures.

L'organisation Turning Point, créée par le polémiste conservateur Charlie Kirk, assassiné en septembre, a, elle, organisé un concert alternatif baptisé The All American Halftime Show, avec trois artistes country et le rockeur trumpiste Kid Rock.

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