Récit | « Spielberg, le spectacle d’une vie » (1/6). Enfant, le futur cinéaste souffre des fréquents déménagements imposés pour suivre aux quatre coins des Etats-Unis un père absent à la brillante carrière d’ingénieur. C’est en multipliant les courts-métrages, adolescent, qu’il invente son monde avant de faire de la famille un thème central de ses films.
Longtemps, le problème est resté le père. Du milieu des années 1980 à la fin de la décennie 1990, Steven Spielberg n’adresse presque plus la parole au sien. Ce silence fait suite à des années de glaciation. Ils ne s’embrassent jamais. Le jour de l’anniversaire du cinéaste, né en 1946, deux ou trois phrases convenues sont simplement échangées. Steven invite quand même Arnold Spielberg aux premières de ses films – un cadre idéal pour ne pas se croiser. Protégés par la foule, ils peuvent éviter de se parler tout en ayant l’impression de faire leur devoir.
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