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Hollywood 2 min de lecture

Steven Spielberg, un cinéma à grand spectacle voué à exorciser une enfance douloureuse

Source: Le Monde
Paolo Pellegrin/Magnum Photo
Paolo Pellegrin/Magnum Photo

Récit | « Spielberg, le spectacle d’une vie » (1/6). Enfant, le futur cinéaste souffre des fréquents déménagements imposés pour suivre aux quatre coins des Etats-Unis un père absent à la brillante carrière d’ingénieur. C’est en multipliant les courts-métrages, adolescent, qu’il invente son monde avant de faire de la famille un thème central de ses films.

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Longtemps, le problème est resté le père. Du milieu des années 1980 à la fin de la décennie 1990, Steven Spielberg n’adresse presque plus la parole au sien. Ce silence fait suite à des années de glaciation. Ils ne s’embrassent jamais. Le jour de l’anniversaire du cinéaste, né en 1946, deux ou trois phrases convenues sont simplement échangées. Steven invite quand même Arnold Spielberg aux premières de ses films – un cadre idéal pour ne pas se croiser. Protégés par la foule, ils peuvent éviter de se parler tout en ayant l’impression de faire leur devoir.


Steven Spielberg, dans le New Jersey, en 1954.
Steven Spielberg, dans le New Jersey, en 1954. ARCHIVIO GBB/ALAMY STOCK PHOTO



Le cinéaste ne cherche même pas à dissimuler cette froideur. Hal Barwood, coscénariste de Sugarland Express (1974), le deuxième film de Spielberg pour le cinéma, se souvient d’un père dont on ne prononce pas le nom. « C’était l’éléphant au milieu du couloir. Impossible de l’évoquer. » Matthew Robbins, l’autre coscénariste du film, croise ce fameux père au début des années 1970, lorsque le réalisateur s’apprête à franchir le pas de la télévision vers le cinéma. « Il n’arrivait pas à masquer son mépris pour son père. Ce dernier n’était pas le bienvenu chez lui. Mais je l’ai aperçu une fois dans sa maison. Je dis bien une fois, pas deux. La mère de Steven, c’était l’inverse. Il lui vouait un quasi-culte. Avec ses cheveux raides coupés court, sa petite taille, elle ressemblait à un elfe. »

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