L'éternel rival d'Airbus a repris de l'altitude après une décennie noire. Les livraisons d'avions commerciaux accélèrent et les commandes décollent dans le militaire. L'administration Trump soutient le champion national sans rogner sur la sécurité.
Par Solveig Godeluck
On a frôlé la catastrophe aérienne, mais cette fois, Boeing s'en tire avec les honneurs. Le 30 septembre, le vol Flydubai pour Tel-Aviv, attaqué par un terroriste, a plongé de 5,3 km en quatre-vingt-douze secondes, franchissant quasiment le mur du son. Quand les passagers ont réussi à redresser l'avion, la carlingue a été soumise à une force équivalente à celle que subit une fusée au décollage - supérieure aux 2,5 G que l'avion 737 Max est normalement capable d'encaisser, selon une enquête du « Wall Street Journal ». Néanmoins, l'avion endommagé a encore volé une heure, puis atterri sans encombre.
Belle page de publicité pour Boeing. L'avionneur américain est en train d'émerger d'une décennie noire, marquée par des catastrophes aériennes et des défaillances techniques inquiétantes. Il n'a certes pas encore retrouvé son lustre d'antan. Son éternel rival européen, Airbus, le surpasse en termes de carnet de commandes, de marge opérationnelle, de performances boursières. Depuis l'accession de Kelly Ortberg à la tête du groupe en août 2024, le titre a grimpé de plus de 22 % en Bourse. Une performance encourageante, même si dans le même temps Airbus a gagné plus de 54 %.